Europe et hop - le JT européen03/07/2019

5 min
Disponible du 03/07/2019 au 05/07/2022
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Dans Europe et hop, nous revenons sur cette fumée blanche qui est sortie du sommet des dirigeants européens, mardi à Bruxelles. Nous irons ensuite au Parlement européen, où un socialiste vient d’être élu à la tête de l’institution, avant de partir en Autriche, première à interdire le glyphosate en Europe. Nous terminerons ce tour en France, par la loi "anti-fessée"…
Habemus Europa 

Ce n’est pas trop tôt ! Les 28 dirigeants européens ont enfin nommé celles et ceux qui vont diriger l’Union européenne pour les cinq ans à venir. Dans le lot, il y a au moins un nom que vous connaissez. 

C’est celui de Christine Lagarde. L’actuelle cheffe du Fond monétaire international et ancienne ministre de l’Économie sous Nicolas Sarkozy va présider la Banque Centrale européenne, la BCE. Et c’est Emmanuel Macron qui a tout fait pour ! 

Il y a aussi un nom connu chez nos voisins belges. C’est leur Premier ministre sur le départ, Charles Michel, qui va prendre la tête du Conseil européen. Son avantage : il a l’habitude des compromis et il est de la même famille libérale que le président français… 

Et pour diriger la diplomatie européenne ? C’est le ministre espagnol des Affaires étrangères, Josep Borrell, qui s’y colle.

Mais la vraie surprise, c’est Ursula von der Leyen ! La ministre de la Défense allemande a été nommée présidente de la Commission européenne, le plus haut poste de l’Union. Personne ne l’avait vue venir. Elle serait la première femme à la tête de la Commission et la première Allemande à ce poste depuis 60 ans. Son avantage : elle est membre du PPE, la famille politique majoritaire au Parlement.

Mais elle pourrait ne pas obtenir le poste. Le Parlement doit donner son avis sur la question. Et ce n’était pas du tout la candidate qu’il avait désigné pour être cheffe de l’exécutif européen… En fait, tous ceux que les partis politiques avaient présentés comme candidats à la tête de la Commission européenne ont été mis de côté par les chefs d’État ! Du coup, à l’annonce des résultats, il y en a qui se sont énervés même chez les conservateurs. Les socialistes et les verts étaient furax. 

Au départ, l’idée, c’est que chacun de nous puisse avoir une influence directe sur le choix du président de la Commission en votant aux élections européennes. Le parti majoritaire voulait son candidat à la tête de la Commission… C’est ce qui s’est passé en 2014. Mais aujourd’hui, les dirigeants européens ont abandonné le système, préférant des personnalités qui ne se sont jamais engagées devant les citoyens pour obtenir leur poste… 

Et le Parlement européen ?

Il y a un poste dont on n’a pas encore parlé : c’est celui de président du Parlement européen. 

Les députés européens ont voté aujourd’hui pour désigner leur chef et ils ont choisi un Italien, David-Maria Sassoli, parmi quatre candidats. C’est un ancien journaliste devenu député européen en 2009 dans le groupe des sociaux-démocrates européens. 

Mais à quoi sert ce poste ? Le président du Parlement dirige l’ensemble des travaux de l’institution et a donc le pouvoir d’imposer telle ou telle législation à l’agenda. Et comme le Parlement européen a de plus en plus de pouvoir, ça devient de plus en plus intéressant. Mais dans les faits, le poids de ce poste dépend beaucoup de la personnalité qui l'occupe. Celui qui a été connu pour faire entendre la voix de l’institution, notamment parmi les chefs d'État, c’est l’Allemand Martin Schulz.  

Au contraire, le président sortant, Antonio Tajani, a été beaucoup moins présent sur la scène politique. Ce sera donc à David-Maria Sassoli d’imposer sa marque et de faire mieux que son compatriote !  

Pionnier européen

Hier, l’Autriche a interdit totalement le glyphosate. Elle est le premier pays européen à le faire ! 

Vous le savez sans doute, il s’agit du tristement célèbre herbicide utilisé dans le roundup de Bayer Monsanto. Il est considéré par l’Organisation mondiale de la santé comme un "cancérigène probable" depuis 2015…

Mais cette interdiction totale par l’Autriche est contestée : elle pourrait contredire le droit européen…En effet, la licence d’utilisation du glyphosate dans l’Union court jusqu‘à fin 2022…

La fessée, c’est fini !

OK pour l’interdiction du glyphosate en Autriche. 

Maintenant, on passe à celle de la fessée en France ! L’Assemblée nationale vient tout juste de l’interdire dans l’Hexagone. Et on n’est pas du tout des pionniers en la matière. En fait, dans le monde, la France est le 56ème pays à l’interdire, et le 21ème au niveau européen.  

En fait, on ne fait que rattraper notre retard. Le premier pays au monde à avoir interdit la fessée, c’était la Suède. Et c’était déjà en 1979… En dehors de l’Europe, des pays comme le Soudan du Sud ou le Turkménistan l’ont interdite bien avant nous ! 


  • Journaliste :
    • Loreline Merelle
    • Anja Maiwald
  • Pays :
    • France
  • Année :
    • 2019