Qui contrôle l'Afghanistan ?

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18 ans après la chute du régime des Talibans, en 2001, le pays est toujours en proie au chaos. Des groupes appartenant au mouvement islamiste occupent des parties importantes du pays.

Le 28 septembre, les Afghans se rendent aux urnes pour l'élection présidentielle. 18 ans après la chute du régime des talibans, en 2001, le pays est toujours en proie au chaos. Des groupes appartenant au mouvement islamiste occupent des parties importantes du pays.

En 2014, l'OTAN a mis fin à sa mission militaire, opérée par la Force internationale d'assistance à la sécurité (FIAS). Depuis, les États-Unis ont soutenu les forces afghanes dans le cadre de la mission Resolute. L’influence des talibans s’est considérablement accrue. Ils aspirent à la reconquête du pouvoir.

Après le récent échec des négociations de paix entre les talibans et les États-Unis, les violences se sont intensifiées et dans le contexte de l'élection, les attentats se sont multipliés. 


Marchander pour une prétendue paix ?
Depuis octobre 2018, neuf séries de négociations ont eu lieu entre les responsables américains et les talibans. L’objectif : réunir des représentants des talibans et du gouvernement afghan.

Selon Zalmay Khalilzad, envoyé spécial des États-Unis pour les pourparlers de paix, les deux parties auraient convenus d'un accord sur le papier le 1er septembre. Un accord qui n'avait plus qu'à être approuvé par le président américain Donald Trump.

Contenu de l’accord : un calendrier du retrait des troupes américaines sur 16 mois. En contrepartie, les chefs des Talibans devaient s’engager à prendre des mesures antiterroristes.

Dans ce document, le gouvernement afghan s’était également engagé sur plusieurs points clés : l’accord affirmait que la délégation américaine devait libérer des combattants talibans emprisonnés.

Le gouvernement afghan n'acceptait cela qu'à une seule condition : une trêve. Mais la violence reste la carte maîtresse des talibans.

Violation de la loi martiale : la Cour pénale internationale entre en jeu
Les États-Unis sont également accusés d’exactions : des mercenaires américains sont soupçonnés de ne pas respecter la loi martiale et d'être responsables de violations des droits de l'Homme.

Le New York Times dénonce, dans un article controversé, des raids, des actes de torture et des meurtres commis en toute impunité.

La situation en Afghanistan attire l'attention de la Cour pénale internationale depuis un certain temps. En 2017, la procureure en chef de la CPI, Fatou Bensouda, a demandé à enquêter sur des crimes de guerre présumés commis en Afghanistan. Dans sa motion, elle a clairement indiqué son intention de cibler les trois parties au conflit. Cependant, en avril dernier, la Chambre préliminaire de la Cour a rejeté sa requête au motif que les enquêtes en cours "ne favorisaient pas les intérêts de la justice". Le verdict a été critiqué dans le monde entier et les juges ont été accusés de céder aux pressions américaines. Le président américain Donald Trump, critique majeur du Tribunal, a qualifié ce verdict de succès personnel.


Mais à la mi-septembre, la procureure fut autorisée à contester la décision de la Chambre. Un développement qui pourrait apporter une nouvelle dynamique à la situation.


  • Journaliste :
    • Jonas Dunkel
  • Pays :
    • Allemagne
  • Année :
    • 2019