Quand la censure bâillonne le net

5 min
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La censure numérique est devenue une arme de destruction massive de la liberté d’expression. Surveillance de masse, cyberattaque contre des opposants, emprisonnement de journalistes et de blogueurs : les moyens ne manquent pas pour faire taire les voix dissidentes sur internet. ARTE Info s’appuie sur le classement 2018 de l’ONG Freedom House pour établir ce top 10 des pays qui tiennent la toile à carreau.

10 / Pakistan : tolérance zéro
Entre 2017 et 2018, deux hommes ont été condamnés à mort pour avoir blasphémer en ligne. Les plates-formes de réseaux sociaux ont été suspendues temporairement dans tout le pays à la suite de manifestations violentes. Les cyberattaques contre les sites web d'ONG, de groupes d'opposition et de militants sont devenues courantes.

9/ Égypte : Internet mis aux fers
Le gouvernement égyptien a transposé des lois restrictives sur les médias traditionnels aux utilisateurs de médias sociaux. Le blocage des sites Web a atteint des niveaux sans précédent avant l’élection présidentielle de mars 2018. De nombreux blogueurs, activistes et journalistes ont été arrêtés pour des publications politiques, sociales ou religieuses non violentes sur les réseaux sociaux.

8/ Arabie Saoudite : internet prête allégeance
La répression contre la liberté d’expression sur internet en Arabie saoudite s’est durcie en 2018. Une loi antiterroriste adoptée en novembre 2017 prévoit de lourdes peines de prison pour des propos visant à discréditer le prince héritier, la religion et la justice. Plusieurs militantes des droits des femmes, des journalistes et d'autres critiques du gouvernement ont été emprisonnées pour leurs activités en ligne.

7/ Ouzbékistan is watching you
En Ouzbékistan, Internet est intégralement contrôlé par l’opérateur de télécommunications appartenant à l’État : c’est un monopole qui permet au gouvernement de surveiller et de contrôler les communications en ligne. Sont bloqués systématiquement : les informations indépendantes et tout contenu critiquant le régime. Les arrestations et poursuites pour ces délits sont monnaies courantes.

6/ Vietnam : les GAFA, mis au pas !
Le Vietnam commence 2019 avec l’entrée de la nouvelle loi relative la cybersécurité. Votée en juin, elle vise à éradiquer "les forces hostiles et réactionnaires" sur Internet. Les entreprises auront douze mois pour s’y conformer. Ce n’est pas une première : les autorités ont déjà réussi à obliger Facebook et Google à supprimer des centaines de comptes et des milliers de vidéos YouTube jugées critiques à l'égard de l'État…

5/ Cuba : tolérance zéro
L'accès à Internet à Cuba se caractérise par un faible taux de connexion, un débit limité, un coût élevé et une censure active. Le réseau du gouvernement et des touristes n'est pas le même que celui de la majorité de la population, qui n’a accès qu’à un Intranet national surveillé de très près. Le gouvernement continue de harceler et d’emprisonner des journalistes indépendants. 4/ L’Éthiopie vers une embellie ?Entre 2017 et 2018, le gouvernement éthiopien a régulièrement perturbé le réseau pour étouffer les manifestations antigouvernementales et les critiques en ligne. Les réseaux sociaux ont été bloqués à plusieurs reprises. Mais depuis le mois d’avril et la nomination du nouveau Premier ministre Abiy Ahmed, le pays connait des progrès significatifs : 264 sites Web ont été débloqués, de nombreux blogueurs ont été libérés et les citoyens affluent à nouveau sur les réseaux sociaux.

3/ Syrie : internet, un champ de mines
Si 2018 est une année d’amélioration de l’accès à Internet en Syrie, le pays reste l'un des endroits les plus dangereux au monde pour les internautes. Les autorités ont certes débloqué un certain nombre de sites Web à la fin de l’année 2017. Mais l'autocensure s'est intensifiée en 2018 : les menaces et les représailles violentes se multiplient pour les activités en ligne.

2/ Iran : quand la contestation mène vers une erreur 404
Début janvier, les autorités iraniennes n’y sont pas allées par quatre chemins pour faire face aux manifestations antigouvernementales : ils ont complètement bloqué l'accès aux serveurs et aux données en dehors de l'Iran. En avril, la messagerie cryptée Telegram qui compte 40 millions d’utilisateurs dans le pays est définitivement interdite pour menace à la sécurité nationale.

1/ Chine : la grande muraille numérique
En 2018, la Chine a remporté une fois de plus, la palme de l’autoritarisme numérique. Elle le doit à la mise en œuvre de sa loi sur la cybersécurité qui oblige les fournisseurs d’accès à Internet et les entreprises de réseaux sociaux à enregistrer les utilisateurs sous leur vrai nom. Le pays contraint les entreprises locales et étrangères à stopper "immédiatement la transmission" de contenus interdits.

  • Journaliste :
    • hugues jardel
  • Pays :
    • France
  • Année :
    • 2019

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