Le joli mai

(3 min.)
Disponible du 06/05/2018 au 04/07/2018
Disponible en direct : oui
Prochaine diffusion le dimanche 6 mai à 23h30
Sous-titrage malentendant

Mai 1962, le premier mois de mai "de la paix". Les accords d'Évian ont été signés moins de deux mois plus tôt. Les Parisiens parlent de rien et de tout, du bonheur, du travail, des enfants... Une radiographie tendre et libre du Paris de 1962 et de ses habitants, tournée par Chris Marker et son chef-opérateur, Pierre Lhomme.

C'est le premier mai "de la paix". Les accords d'Évian ont été signés moins de deux mois plus tôt et on s'apprête à juger le général Salan. Le temps est inhabituellement froid. Les Parisiens rêvent d'amour, d'argent, d'un logement, de la télé, de lendemains qui chantent, de planter des arbres, ou n'ont pas le temps de rêver. Mais ils ont celui de parler avec des inconnus, de rien et de tout, du bonheur, du travail, des enfants. Beaucoup moins volontiers de politique, surtout si les questions portent sur la guerre qui vient de s'achever.

Aux petits bonheurs
En dehors de l'enterrement, le 13 février, des huit victimes de la répression policière du métro Charonne, lors d'une manifestation interdite contre l'OAS et la guerre en Algérie, toutes les images de ce vagabondage parisien ont été tournées au mois de mai. Aux petits bonheurs de rencontres souvent impromptues, Chris Marker et son chef-opérateur, Pierre Lhomme, qui pour ce premier documentaire de l'histoire du cinéma en son direct coréalise les entretiens de son regard inspiré, sillonnent la capitale et sa proche banlieue (éloquente séquence dans les cités taudis d'Aubervilliers). Au gré de leur curiosité et de leur "sympathie" (le mot d'un bougnat résumant ainsi son attachement à la rue Mouffetard), ils captent en noir et blanc l'air d'un temps à la fois proche et lointain. Scrutant lumineusement les lieux et les visages, en prise directe avec des interlocuteurs de tous horizons saisis dans leur singularité, ce Joli mai est devenu l'extraordinaire archive d'une société et d'une ville en partie seulement disparues. Comme dans tous ses films, Chris Marker y offre en partage non pas tant sa vision que son intelligence du monde, conviant ses interlocuteurs, et ses futurs spectateurs, à réfléchir et regarder avec lui. Il propose ainsi, comme l'écrivit dans Le Monde Thomas Sotinel, qui a par ailleurs participé au livret du DVD édité par ARTE, "un voyage temporel qui fait du spectateur de 2013 un citoyen de l'an 1962, et une œuvre intellectuelle d'une acuité saisissante : rien de plus passionnant que de réfléchir à aujourd'hui à la lumière de ce passé-là".


Auteur :

Pierre Lhomme
Chris Marker

Pays :

France

Année :

1963