Les années 68 (2/2)
L'explosion (1970-1975)

(97 min.)
Disponible du 17/05/2018 au 20/07/2018
Disponible en direct : oui
Prochaine diffusion le mercredi 30 mai à 09h25
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Du Brésil au Japon, de la Californie à l'Europe, Don Kent fait revivre la vague contestataire qui, de 1965 à 1975, a ébranlé le monde. Un voyage impressionniste porté par de vibrants témoins. Second volet.

Si la révolution souhaitée bascule bien souvent à la violence, des aventures sanglantes de la Fraction Armée rouge (RAF) allemande à celles des Brigades rouges italiennes, les revendications sociétales, des mouvements féministe et gay à l'enracinement de l'écologie politique, amorcent des changements en profondeur, toujours à l'œuvre cinquante ans après. Quant aux mots d'ordre conspuant la société de consommation, le déni de démocratie ou la collusion des pouvoirs politique et économique, ils n'ont rien perdu de leur actualité. Même si les débats sur cet héritage soulèvent toujours autant les passions 

Pas de côté
Ayant vécu à Paris ce que l'on appelle alors les "événements", "comme Fabrice à Waterloo" (le héros de Stendhal perdu au cœur d'une bataille historique sans le savoir ni en percevoir l'ampleur), le réalisateur britannique Don Kent a choisi d'élargir son champ de vision pour évoquer Mai 68. Celui qui était alors étudiant à l'Idhec, l'école de cinéma, se fait le narrateur modeste d'un voyage impressionniste à travers le monde, non sans rendre hommage à ses anciens condisciples en mêlant aux riches, et parfois rares, archives du film certaines de leurs images devenues fameuses (une séquence de La reprise du travail aux usines Wonder). Sans prétendre penser un mouvement déjà analysé tant de fois, et dont l'héritage continue de diviser, il donne la parole à une foule de témoins, aussi divers que pertinents, rencontrés du Brésil au Japon, de la Californie à l'Italie. Certains sont célèbres internationalement (l'ex-guérillera et présidente brésilienne Dilma Rousseff, les philosophes Régis Debray, Toni Negri et Judith Butler, l'ex-Panthère noire Kathleen Cleaver, les écrivains Hélène Cixous, Erri De Luca, Alain Mabanckou et Viet Thanh Nguyen, l'ancien batteur des Doors John Densmore…), d'autres beaucoup moins, à l'instar de ces extraordinaires activistes japonaises (l'une pacifiste, l'autre féministe), animées d'une foi restée intacte au fil du demi-siècle.
Quarante ans après Chris Marker (Le fond de l'air est rouge, 1977), Don Kent fait revivre ce basculement planétaire en évitant l'hommage commémoratif empesé. Car il ne cesse de bifurquer avec ses interlocuteurs dans des directions inattendues, au gré de rafraîchissants pas de côté. Par exemple, quelques notes de Bach égrenées par la pianiste chinoise Zhu Xiao-Mei, rescapée de la Révolution culturelle, un ahurissant diagramme politique esquissé par le ludion brésilien Tom Zé, ou l'amertume obscurément touchante de l'écrivain américain David Horowitz, ex-gauchiste radical reconverti en néoconservateur…


Réalisation :

Don Kent

Pays :

Allemagne
France
Norvège

Année :

2018