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Diffusion : lundi 18 septembre à 00h05

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Cataclysmes successifs, drogues diverses et explosion du budget... Ce formidable documentaire dévoile l'odyssée hallucinée que fut les 238 jours du tournage d'"Apocalypse Now", filmé in situ par l'épouse de Francis Ford Coppola. 

"C'était tout à fait comme l'armée américaine au Viêtnam. On était dans la jungle, on était trop nombreux, on avait trop d'argent et trop de moyens. Et peu à peu, on est devenus fous." En conférence de presse au Festival de Cannes, en 1979, où il va décrocher la Palme d'or pour "Apocalypse Now", son huitième long métrage, Francis Ford Coppola, 40 ans tout juste, résume les deux cent trente-huit jours dantesques d'un tournage qui l'a mené aux portes de la démence et du suicide. Trois ans plus tôt, en février 1976, auréolé de la gloire des "Parrain" I et II – et multimillionnaire grâce aux recettes des films –, il débarque aux Philippines après s'être vu refuser l'autorisation de tourner sur les terrains de bataille vietnamiens, où le conflit vient de s'achever dans le désastre que l'on sait. Fort d'un accord avec le dictateur Ferdinand Marcos, qui prête les hélicoptères de son armée entre deux opérations antiguérilla, d'une main-d'œuvre dont le coût local est dérisoire et d'un budget (alors faramineux) de 20 millions de dollars, il plonge avec ses acteurs et ses équipes dans un climat paroxystique très semblable à celui de la guerre qu'il entreprend de recréer.

Bateau ivre

Entre cataclysmes successifs (disparition des décors dans un typhon, crise cardiaque de Martin Sheen, obésité imprévue d'un Marlon Brando "borderline", pourtant payé un million de dollars par semaine…), drogues diverses et explosion du budget, le tournage qui se prolonge indéfiniment, à l'image de la navigation hallucinée du capitaine Willard et de ses hommes vers le "cœur des ténèbres", s'apparente de plus en plus à un bateau ivre, mené par un Coppola peu à peu gagné par la panique. Sa jeune épouse Eleanor, qu'il a chargée à l'origine de réaliser un making of destiné à la promotion du film ("peut-être pour m'occuper", commente-t-elle en voix off), et qui enregistre aussi pour son journal de bord personnel les discours nocturnes de plus en plus fiévreux de son cinéaste de mari, documente tous les instants de cette odyssée psychédélique, captant aussi la poésie et l'exaltation d'une tentative de création hors norme. Quinze ans plus tard, commentées par les principaux protagonistes, notoirement assagis, ces images exceptionnelles restituent à la fois la démesure et l'intimité d'un tournage qui, au regard de l'industrie aseptisée qu'est devenu le cinéma de guerre, frappe aussi par son caractère artisanal et par les risques, psychiques et physiques, auxquels se sont exposés le cinéaste et certains des acteurs, Martin Sheen et Fred Forrest notamment. Comme s'ils avaient voulu éprouver, en différé, le danger et la douleur d'un conflit qui continuait de hanter la mémoire collective américaine.

 

Générique
  • Réalisation : Fax Bahr, George Hicklenlooper, Eleanor Coppola
  • Pays :Etats-Unis
  • Année :1991
  • Origine :ARTE F
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Bonus et extrait