Les deux amis

(97 min.)
Disponible du 21/05/2018 au 27/05/2018
Disponible en direct : non
Prochaine diffusion le vendredi 1 juin à 01h35
AudiodescriptionSous-titrage malentendant

Un soupirant éconduit demande à son meilleur ami de l'aider à conquérir sa belle. Alliant humour et tendresse, un chassé-croisé amoureux brillamment interprété. Le premier long métrage, très réussi, de Louis Garrel.

Depuis qu'il a croisé le regard de Mona, vendeuse belle comme le jour dans une sandwicherie de gare, Clément est tombé follement amoureux. Mais malgré ses efforts pour conquérir celle qui occupe toutes ses pensées, il est invariablement éconduit. Car Mona a un secret : bénéficiant d'un régime de semi-liberté, elle dort tous les soirs en prison. Désespéré par ses refus, Clément demande à Abel, son seul ami, de plaider sa cause…

Joyeusement lyrique
Le premier long métrage, très réussi, de Louis Garrel, acteur au cinéma comme au théâtre et réalisateur d’une poignée de courts, cite une fable de La Fontaine, Parole de Socrate : "Ami, rien n’est plus commun que le nom, rien n’est plus rare que la chose." Mais Louis Garrel et son coscénariste Christophe Honoré s'inspirent surtout, avec une belle liberté, des Caprices de Marianne de Musset, s'orientant vers une forme joyeusement lyrique, contemporaine et parfois franchement foutraque dès les premières scènes, en alliant vitesse, humour et tendresse. "La beauté, ça complique tout", entend-on dans le film. C’est aussi quand les choses deviennent compliquées qu’elles sont belles, semble penser le cinéaste, qui multiplie péripéties et rebondissements en seulement trois jours et trois nuits, autour de trois personnages qui n’ont que leurs sentiments pour être heureux (un peu) et (beaucoup) souffrir. Il y a surtout dans Les deux amis une justesse de chaque instant que l’on retrouve aussi bien dans les situations que dans le jeu, admirable, des trois comédiens principaux. Golshifteh Farahani, sublime, n’a jamais été aussi bien filmée et dirigée. Pour une fois on ne contemple pas que sa photogénie, mais sa (belle) personne et la subtilité de son interprétation. En 90 minutes, Louis Garrel nous offre aussi, l’air de rien, une balade poétique et buissonnière à travers nos souvenirs du cinéma français. Contre toute attente, il ne convoque pas exclusivement la Nouvelle Vague et ses héritiers mais plutôt Claude Sautet – pour le triangle amoureux et les ambiances parisiennes – et certaines comédies populaires reposant sur des duos masculins antagonistes, à la fois inséparables et mal assortis. Comme si César et Rosalie marchaient à l’ombre…


Image :

Claire Mathon

Montage :

Joëlle Hache

Musique :

Philippe Sarde

Production :

Les Films Des Tournelles

Producteur/-trice :

Anne-Dominique Toussaint

Réalisation :

Louis Garrel

Scénario :

Louis Garrel
Christophe Honoré

Acteur :

Vincent Macaigne
Golshifteh Farahani
Louis Garrel
Mahaut Adam

Auteur :

Alfred de Musset

Pays :

France

Année :

2013