Quand la RDA faisait son cinéma

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Retour sur l’histoire mouvementée du cinéma en RDA, à travers celle de sa société de production, la Defa, qui, de 1946 à 1992, produisit plus de 1200 films. Des oeuvres qui reflètent l’histoire et les contradictions de la République démocratique allemande...

L’histoire du cinéma est-allemand est indissociable de celle de la Defa (Deutsche Film AG), société de production d’État, fondée en 1946 sous l’impulsion des autorités soviétiques. Avec à terme 2 200 employés, la Defa, installée dans le quartier de Babelsberg à Potsdam, a produit jusqu’en 1992 plus de 700 longs métrages de cinéma et plus de 500 téléfilms. Des productions qui reflètent l’histoire et les contradictions de la République démocratique allemande (RDA), et offrent un aperçu passionnant de l’évolution des représentations morales et idéologiques portées par ses cinéastes, depuis la lutte contre le militarisme et le rejet du nazisme jusqu’à l’affrontement Est-Ouest. Mais les réalisateurs de la Defa se trouvaient parfois écartelés entre les directives du Parti, les attentes du public et leur propre vision. Plusieurs films, critiques à l’égard du pouvoir ou esthétiquement trop audacieux – marque de la "décadence occidentale" – ont été frappés par la censure pour ne ressurgir qu’après la chute du mur.

Stars d'Est en Ouest
Malgré le passage à l’Ouest de nombreuses stars, comme Manfred Krug, Armin Mueller-Stahl, Winfried Glatzeder ou Jutta Hoffmann, les succès restent au rendez-vous : La légende de Paul et Paula de Heiner Carow attire, en 1973, plus de 3 millions de spectateurs, et Jacob le menteur de Frank Beyer, diffusé par ARTE lundi 23 mai, est nommé aux Oscars en 1977. S’appuyant sur de nombreux extraits de films et les interviews d’acteurs et de réalisateurs, ce documentaire retrace la passionnante histoire de l’ère Defa, et revient sur ses productions les plus marquantes. Il témoigne aussi de ses ambitions à l’échelle internationale, notamment par le biais de collaborations, dans les années 1950, avec des acteurs français aux sympathies communistes – comme Simone Signoret et Yves Montand, Gérard Philipe ou Michel Piccoli, venus tourner à l'Est.


  • Réalisation :
    • André Meier
  • Pays :
    • Allemagne
  • Année :
    • 2016