Italie : le business des enlèvements crapuleux

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Comment, pendant trente ans, des organisations criminelles ont plongé l’Italie dans la terreur des rapts contre rançon. En Sardaigne, en Toscane et en Calabre, enquête sur les traces d’un douloureux passé.

Sept cents : c’est le nombre de personnes kidnappées entre 1970 et 2000, en Italie. Œuvres d’organisations mafieuses comme l’Anonima Sarda en Sardaigne ou la ’Ndrangheta en Calabre, les enlèvements contre rançon représentaient dans les régions du Sud en proie à la précarité une importante manne financière. Dès les années 1970, l’État déploie des moyens considérables pour les combattre, mais dans les montagnes sardes de la Barbagia – où près de deux cents personnes ont été séquestrées – et dans le massif calabrais de l’Aspromonte, l’omerta règne. Au début des années 1990, parallèlement à la montée en puissance du trafic de stupéfiants, le gouvernement gèle les avoirs, empêchant ainsi le règlement des rançons. Si l’Anonima Sarda se dissout progressivement, la ’Ndrangheta se reconvertit rapidement en s’emparant du trafic international de cocaïne. Près de vingt ans plus tard, les reliefs sardes et calabrais renferment encore les secrets de la disparition d’une centaine de séquestrés.

Sombres années
Marquée dans son enfance par les enlèvements qui secouaient son pays, Antonella Berta retrace les sombres années de l’industrie du rapt. En Sardaigne, en Toscane et en Calabre, elle recueille les poignants témoignages d’ex-otages, de familles de victimes ou de disparus, mais aussi celui de Graziano Mesina, 77 ans, célèbre bandit de l’Anonima Sarda, alors emprisonné depuis plus de quarante ans, et de Carlo Macri, ancien procureur de Calabre. Illustrée aussi d’images d’archives, une saisissante immersion dans un passé italien tortueux.


  • Réalisation :
    • Antonella Berta
  • Pays :
    • Allemagne
  • Année :
    • 2018