Killing time - Entre deux fronts

87 min.
Disponible du 20/02/2018 au 27/04/2018
Disponible en direct : Oui
Prochaine diffusion : mercredi 28 février à 02h20
Sous-titresVersion originale

À Twentynine Palms, ville perdue en plein désert californien, des Marines rentrés d'Afghanistan ou d'Irak tuent le temps en attendant de repartir au front. Un quotidien qui s'avère alors difficile à se réapproprier... Lydie Wisshaupt-Claudel signe un portrait stylisé et poétique d'une Amérique errante. Le documentaire a obtenu le Grand Prix Cinéma du réel 2015.

Le purgatoire a désormais une adresse, à 220 miles au sud de Las Vegas. Sables arides entourés de collines, ces paysages sauvages ressuscitent ceux de Breaking Bad, la beauté en moins. Ils rappellent aussi, de façon troublante, le "Village" de la série Le prisonnier, version 2009. Dans ce vase clos écrasé par la chaleur, la figure du militaire américain est glorifiée. Des "Welcome home" tapissent les murs. Les rues restent désespérément inanimées… Bienvenue à Twentynine Palms, petite ville américaine du désert californien, située à quelques kilomètres de la plus grande base de marines du monde.
Revenus d'Afghanistan ou d'Irak, attendant d'y repartir, les jeunes soldats essaient de tuer le temps dans cet entre-deux où se côtoient civils et militaires, notamment dans les populaires salons de coiffure et de tatouage. Certains ressassent une guerre encore fraîche, d'autres boxent, luttent, s'imposent des exercices physiques au-delà du supportable. La nuit tombée, beaucoup échouent dans des bars lugubres où d'obscurs humoristes au verbe gras s'essaient à un art qu'ils ne maîtrisent pas… Bienvenue à Twentynine Palms, petite ville américaine où errent les corps et les âmes.

Le hors-champ de la guerre
Esthétiquement magnifique, sans le moindre commentaire, Killing Time dresse un portrait scotchant de ce bout d'Amérique. Marqué par de longs plans-séquences, de nombreux silences et non-dits, il ne raconte pas la guerre, pas plus qu'il ne la montre. De sa caméra discrète, la réalisatrice capte la solitude abyssale et les blessures cachées de ces soldats au visage poupon. Un voyage poétique, Grand Prix au Cinéma du réel 2015, où l'horreur de la guerre est invisible et omniprésente.


Générique

Réalisation :

Lydie Wisshaupt-Claudel

Pays :

France

Année :

2014