Capitaine Conan

126 min
Disponible en direct : oui
Sous-titrage malentendant
En 1918, le lieutenant Norbert se lie avec Conan, à la tête d'une meute de nettoyeurs de tranchées... Les grandeurs et bassesses de la guerre de 14, sous le feu du regard de Bertrand Tavernier, avec Philippe Torreton dans l'un de ses meilleurs rôles.

10 septembre 1918, à la frontière bulgare. Sur le front des Balkans, le lieutenant Norbert sympathise avec le lieutenant Conan, à la tête d'un détachement d'hommes. Leur mission : surprendre et tuer l'ennemi, souvent au corps-à-corps et à l'arme blanche. Rusé, fort en gueule et vif comme la dynamite, Conan se joue des règlements militaires, qu'il juge absurdes. Il est aussi sanguin que Norbert est posé et indulgent. Un jour, vient l'armistice. Coincés à Bucarest et rendus à un semblant de vie civile, ses hommes se conduisent comme des brutes, et l'armée, avide "d'exemples", ne ferme plus les yeux…

Veine romanesque
"C'est nous qui l'avons gagnée cette putain de guerre", déclare Conan, dans le film. "Les autres l'ont faite." S'emparant d'un chapitre méconnu de la guerre de 1914, racontée dans le roman de Roger Vercel, prix Goncourt en 1934, Bertrand Tavernier prend la Grande Guerre à la hussarde pour mieux lui redonner vie. Il s'intéresse à des parias, les nettoyeurs de tranchées, raconte l'histoire par sa fin et se poste à un front oriental où la démobilisation semble ne jamais devoir arriver. Le film pointe d'ailleurs l'incompétence du haut commandement, et son intransigeance face à des hommes dont la guerre a révélé la couardise ou la bestialité, tout en laissant à chaque personnage le loisir de défendre sa partition. Saisissantes, les scènes de guerre sont filmées en plan séquence, la caméra collant aux basques des soldats. Plus de vingt ans après sa sortie, le film frappe par son mélange de bon sens terre à terre et de théâtralité – les dialogues sont très écrits. Les décors des scènes de guerre, escarpés et grandioses, évoquent ceux d'un western. Jusqu'aux intonations et accents, le film aborde chaque personnage dans sa dimension sociale, une approche chère à Tavernier. Mais la veine romanesque du cinéaste n'est pas en reste et s'exprime, notamment, à travers son héros, Conan, petit mercier breton que la guerre fait stratège et meneur d'hommes, l'une des plus belles prestations de Torreton. Il est entouré d'une escouade d'excellents seconds rôles (Claude Rich, Bernard Le Coq, Samuel Le Bihan et bien d'autres).


Image :

Alain Choquart

Montage :

Luce Grunenwaldt

Musique :

Oswald d'Andréa

Production :

Les Films Alain Sarde
Little Bear

Producteur/-trice :

Alain Sarde
Frédéric Bourboulon
Bertrand Tavernier

Réalisation :

Bertrand Tavernier

Scénario :

Jean Cosmos
Bertrand Tavernier

Avec :

Philippe Torreton
Samuel Le Bihan
Bernard le Coq
Catherine Rich
François Berléand
Claude Rich
André Falcon
Claude Brosset
Crina Muresan
Cécile Vassort
François Levantal
Pierre Val
Roger Knobelspiess
Frédéric Pierrot
Jean-Claude Calon

Auteur :

Roger Vercel

Pays :

France

Année :

1996