Violette Nozière

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Une jeune fille découche, contracte la syphilis et nourrit de sombres projets... Les débuts d’une collaboration fructueuse entre deux maîtres de l’ambivalence : Claude Chabrol et Isabelle Huppert. Diffusé en version restaurée.

Violette vit dans un appartement exigu entre un père tendre mais étouffant et une mère qui rêve pour elle d’ascension sociale. Dès qu’ils ont le dos tourné, elle enfile ses talons hauts et file au Quartier latin. Maquillée, elle boit des gin-fizz avec une amie, rêvasse et s’offre aux garçons qu’elle croise. Elle finit par attraper la syphilis, mais fait croire à ses parents qu’il s’agit d’une maladie héréditaire et qu’ils doivent se soigner. Peu de temps après, son père fait un malaise…

La prisonnière
Dès les premiers plans – la cour de l’immeuble où vit Violette vue à travers une grille, les jambes de la jeune fille filmées derrière les barreaux d’une rampe –, l’impression de claustrophobie s’insinue. Prisonnière d’un milieu étriqué et d’une décennie – les années 1930 – qui s’achemine vers le chaos, écœurée par la promiscuité avec ses parents dont elle entend les ahanements, l’adolescente va s’enfermer elle-même dans le fantasme et le mensonge. Le film s’inspire d’un fait divers réel qui fascina l’opinion publique : l’histoire d’une jeune fille qui empoisonna ses parents – seule la mère survécut –, prétendit avoir été violée par son père et se rétracta, obtint des réductions de peine de trois présidents successifs, avant d’être libérée, puis, fait exceptionnel, réhabilitée. La force de la mise en scène de Chabrol est de toujours laisser planer l’ambiguïté. À aucun moment on ne sait si son père a réellement abusé de Violette. Mais le simple fait de confier ce rôle à Jean Carmet, qui, trois ans plus tôt, dans Dupont Lajoie, jouait une scène où il violait la même actrice, contribue à instiller l'ambivalence. À ce jeu, la toute jeune Isabelle Huppert excelle aussi : sa Violette, à la fois manipulatrice et fragile, innocente et vénéneuse, maussade et lumineuse, lui valut à juste titre le prix de la meilleure actrice à Cannes.


  • Réalisation :
    • Claude Chabrol
  • Scénario :
    • Odile Barski
    • Hervé Bromberger
    • Frédéric Grendel
  • Production :
    • Filmel
    • France 3 Cinéma
    • Cinevideo
  • Producteur/-trice :
    • Eugène Lépicier
    • Denis Héroux
  • Image :
    • Jean Rabier
  • Montage :
    • Yves Langlois
  • Musique :
    • Pierre Jansen
  • Avec :
    • Isabelle Huppert (Violette Nozière)
    • Jean Carmet (Baptiste Nozière)
    • Stéphane Audran (Germaine Nozière)
    • Jean-François Garreaud (Jean Dabin)
  • Auteur :
    • Jean-Marie Fitère
  • Pays :
    • Canada
    • France
  • Année :
    • 1978