ARTE ReportageUkraine : du théâtre sous les bombes / JO : les sportifs de l'exil

52 min

Disponible jusqu'au 22/07/2024

Plus que 9 jours

  • Version française
En Ukraine, des enfants cabossés par la vie s'évadent par le théâtre pour oublier la guerre des grands / Vivant loin de chez eux, les athlètes exilés peuvent concourir sous la bannière des réfugiés aux Jeux olympiques de Paris.

Ukraine : le théâtre pour se jouer de la guerre
Malgré les bombardements intenses, les morts, juste à côté de Kharkiv, à Korotych, une demi-douzaine d’enfants d’un centre social répète une pièce de théâtre depuis décembre. Fin mai 2024, alors que la ville a connu les pires attaques de ces derniers mois, notre équipe a suivi leurs dernières répétitions et leur spectacle de fin d’année. Un défi en pleine guerre. Pendant des semaines, les acteurs en herbe ont été contraints de répéter dans une salle transformée en abri en raison d'une guerre qui s'éternise. Aux fenêtres, des sacs de sable afin d'éviter d'être blessés par des éclats de verres. Dehors, les alertes sont quasi ininterrompues et les détonations, au loin, innombrables. Ce qu'accomplit cette dizaine de comédiens en herbe est d'autant plus remarquable qu'ils ont été privés, à leur naissance, de la douceur d'une vie familiale. Les pères, quand ils ne sont pas absents depuis toujours, sont sur le front. Les mères, qui ont sombré dans les accoutumances, la dépression et parfois même la violence, les ont délaissés. Une femme se bat quotidiennement pour ces gamins et les fait répéter plusieurs fois par semaine. Lila Bukhalova, 36 ans, elle-même originaire de Kharkiv, est issue d'une famille qui, à la maison, parle d'abord russe. Mais cette jeune femme énergique apporte aussi aux petits un soutien scolaire. Car les écoles environnantes ont été fermées par mesure de sécurité. Les enfants ont été déplacés. Lila l'a été, elle aussi, dès les premiers mois de la guerre. D'abord à Lviv, durant trois semaines. Puis elle a trouvé un refuge temporaire à Strasbourg où elle est parvenue, grâce à une filière, à faire hospitaliser sa mère, suspectée d'avoir un cancer, tout en consolidant sa pratique du français. Dans le centre de Korotych, qui n'est pas à l'abri d'une attaque venue des airs, on se bat pour faire triompher la vie. Pour cela, les enseignants doivent laisser à la porte d'entrée les traumatismes de l'horreur. Quant aux enfants, ils doivent pouvoir surmonter leurs propres douleurs. Grâce au théâtre, chacun apprend progressivement à faire corps avec les autres, à canaliser sa colère et ses peurs.

Jeux olympiques : les sportifs de l’exil
Depuis la création de l’équipe des réfugiés aux Jeux olympiques et paralympiques en 2016 à Rio, les athlètes exilés, privés de représenter leur pays d’origine, peuvent concourir sous la bannière des réfugiés. Plus de soixante-dix sportifs professionnels, originaires de douze pays, ont bénéficié d’une bourse du Comité international olympique pour se préparer à une qualification aux Jeux de Paris. Vivant loin de chez eux, dans vingt-quatre pays d'accueil, ils n'ont rien renié de leurs ambitions. À Paris, Zakia Khudadadi, une para-taekwondoïste afghane, s'entraîne intensivement avec sa coach. Née avec un seul bras, Zakia a échappé au triste destin qui lui était promis dans la société conservatrice de l'Afghanistan. Elle est aujourd'hui un symbole d'espoir pour des millions de femmes afghanes privées de toute activité sociale par le régime taliban. À Lausanne, Luna Solomon, une tireuse sportive érythréenne, se concentre et s'entraîne avec sa carabine. Luna a quitté son pays natal pour échapper au service militaire obligatoire à durée illimitée. Elle a commencé le tir sportif pour tisser des liens sociaux dans son pays d'accueil et, après seulement trois ans de pratique, s'est qualifiée pour les Jeux olympiques de Tokyo. À Berlin, Kasra Mehdipournejad, un taekwondoïste iranien, répète différentes techniques avec sa femme, elle aussi un ancien membre de l’équipe nationale iranienne de taekwondo. Kasra s'est engagé à porter la voix de ses compatriotes réprimés en Iran lors des récentes manifestations "Femme, Vie, Liberté". Tous sont des réfugiés politiques. Tous se dépassent pour accéder à leur rêve commun : participer aux Jeux olympiques ou paralympiques de Paris. Sous le drapeau des réfugiés, ils veulent délivrer un message d’espoir, de résilience et de détermination.

Pays

France

Année

2024

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