La nuit du chasseur

2 min
Disponible en ligne : non
Disponible en direct : oui
Prochaine diffusion le dimanche 29 juillet à 09h55
Sous-titresVersion françaiseVersion originale
À travers une Amérique en crise, un faux pasteur poursuit deux enfants et 10 000 dollars... "La nuit du chasseur" est un chef-d'oeuvre intemporel et universel du septième art, l'unique film en tant que réalisateur d'un immense acteur, Charles Laughton. Avec Robert Mitchum, Shelley Winters et Lillian Gish.

L’Amérique des années 1930. Ben Harper est condamné à mort pour vol et meurtre. Son compagnon de cellule, Harry Powell, un criminel psychopathe, tente en vain de lui faire dire où sont cachés les 10 000 dollars du butin. Seul son fils, John, sait où ils sont, mais son père lui a fait promettre de ne rien dire. Powell, libéré, se rend chez la veuve de Ben, qu’il séduit en se faisant passer pour un pasteur. Comprenant qu’elle ne sait pas où est l’argent, il la tue et tente de faire parler John. Le garçon parvient à lui échapper et s’enfuit avec sa petite sœur, Pearl. Les deux enfants dérivent à bord d’une barque sur le Mississippi. Powell se lance à leur poursuite...

Conte miraculeux
Film superlatif, chef-d’œuvre intemporel et universel du septième art, il n’existe pas assez de qualificatifs pour venir à bout de la richesse de La nuit du chasseur. C’est d’abord l’unique film d’un immense acteur, Charles Laughton, spécialiste des rôles antipathiques (le tyrannique commandant Blygh dans Les révoltés du Bounty) ou de râleur à l’humour acide (notamment dans le génial Témoin à charge de Billy Wilder). Cette épaisse carcasse qu’on imagine difficilement attendrie par le monde de l’enfance a livré au cinéma le plus beau et le plus maléfique des contes. Tout à la fois peinture d’une Amérique paumée où des enfants miséreux traînent sur les routes en mendiant – quand ils ne sont pas poursuivis par des tueurs psychopathes –, parcours initiatique pour deux bambins brutalement confrontés aux réalités de la vie, chronique d’une Virginie idyllique qui bascule dans le cauchemar et révèle les turpitudes de ses habitants, La nuit du chasseur est aussi le terrifiant portrait d’un de ces serial killers qui seront tant à la mode quelques décennies plus tard. Robert Mitchum campe magnifiquement Harry Powell, le faux pasteur qui porte, tatoués sur ses phalanges, les mots hate et love et dévoie le discours de l’Église pour parvenir à ses fins. Il fait corps avec son poignard, qui perce sa poche quand il assiste à un strip-tease. Presque animal, il personnifie le mal à l’état pur lors d’images géniales, par exemple quand sa silhouette se découpe en ombre chinoise sur le haut d’une colline ou sous un réverbère. Face à lui, dans un combat manichéen, Laughton oppose la douce Lillian Gish, symbole d’amour et de maternité. Leur affrontement prend pour cadre un univers magique, photographié par Stanley Cortez (La splendeur des Amberson) : grâce à lui, la descente du Mississippi par les deux enfants devient une odyssée mythique, véritable ode à la nature.


Image :

Stanley Cortez

Montage :

Robert Golden

Musique :

Walter Schumann

Production :

Paul Gregory Productions

Producteur/-trice :

Paul Gregory

Réalisation :

Charles Laughton

Scénario :

James Agee

Acteur :

Robert Mitchum
Shelley Winters
Lillian Gish
Sally Jane Bruce
Billy Chapin
James Gleason
Evelyn Varden
Peter Graves

Auteur :

Davis Grubb

Pays :

Etats-Unis

Année :

1955
  • Bonus et extrait

Short Cuts - "La nuit du chasseur" de Charles Laughton - Une animation réalisée par Pierre-Emmanuel Lyet

2 min