Fuocoammare, par-delà Lampedusa : rencontre avec Gianfranco Rosi

Fuocoammare, par-delà Lampedusa sort mercredi 28 septembre dans les salles françaises.

Dans ce documentaire de création qui a obtenu l’Ours d’or lors de la dernière Berlinale, Gianfranco Rosi cherche à comprendre la situation sur et autour de l’île de Lampedusa, le point le plus au sud de l’Italie (et de l’Europe) devenue depuis les années 90 le lieu d’arrivée massive d’immigrés irréguliers en provenance d’Afrique, avec des conséquences tragiques. En vingt ans on estime que plus de 20 000 personnes sont mortes noyées lors de la traversée.

Gianfranco Rosi a vécu plus d’un an sur Lampedusa, observant la vie des pêcheurs de l’île, déconnectés du drame qui se trame à quelques kilomètres de la côte, accompagnant les équipes chargés de porter les premiers secours aux hommes, femmes et enfants rescapés de voyages fatals pour beaucoup d’autres, recueillant le témoignage bouleversant du médecin de l’île, incapable de s’habituer à ces vagues successives de mort et de souffrance. De ce travail d’immersion Gianfranco Rosi, seul derrière sa caméra, a rapporté des images puissantes, dénuées de commentaire, auxquelles le cinéaste confère une dimension allégorique grâce à un montage audacieux, qui privilégie la réflexion à l’émotion immédiate.

Il nous a semblé important de questionner Gianfranco Rosi au sujet de ses méthodes de tournage et sa conception du cinéma, qui propose une approche poétique et analytique du monde.

 

Fuocoammare, par-delà Lampedusa de Gianfranco Rosi

Fuocoammare, par-delà Lampedusa de Gianfranco Rosi

A l’occasion de la sortie en salles de Fuocoammare, par-delà Lampedusa, Météore Films distribue aussi le 28 septembre 2016 les trois premiers films de Gianfranco Rosi, à ce jour inédits en salles :
Boatman (1993, 55 minutes). Bénarès (Inde), dernier sanctuaire de la vie avant d’entreprendre l’ultime traversée. Voguer le long du Gange avec Gopal le passeur, c’est un peu comme s’aventurer à la croisée des mondes ; aussi bien entre la vie et la mort qu’entre l’Orient et l’Occident.

Below Sea Level (2008, 113 minutes). À 300 kilomètres au sud-est de Los Angeles et 35 mètres sous le niveau de la mer, un groupe de marginaux vit au milieu du désert. Il ne s’agit pas d’une communauté de hippies, seulement de gens qui ont tourné le dos à la société autant qu’ils en ont été exclus

El Sicario – Room 164 (2010, 80 minutes). Nous avons rendez-vous avec un tueur du cartel des narco-trafiquants mexicains. Véritable expert en torture et en kidnapping, cet homme qui a tué des centaines de personnes a connu une première vie professionnelle dans les forces de police locales. Au moment où la caméra recueille son témoignage, c’est un fugitif recherché par ses anciens patrons, prêts à payer 250 000 dollars à qui le ramènera mort ou vif. La tête masquée, il livre les confessions détaillées de vingt ans de sa vie.

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