La sélection des libraires – Juin

Vos librairies et ARTE s’associent pour vous présenter chaque mois une sélection thématique d’ouvrages à dévorer entre vos émissions préférées.

Les livres d’été

Ça y est, c’est l’été. Vous avez enfin le temps de bouquiner tranquillement. Sur la plage, dans un parc ou dans votre jardin, à l’ombre d’un parasol ou en train de siroter un cocktail. Quel plaisir !

Mais quels romans glisser dans sa valise ? Une sélection de polars, un livre de poche, un gros roman, le Goncourt qu’on s’est offert cet hiver, ou la réédition d’un classique ?

Vous avez besoin d’un conseil ? Faites confiance à ARTE et à votre libraire, vous allez être surpris.

 

 

La SÉLECTION du mois

Librairie Tonnet, Pau
Ce mois-ci, c’est la librairie Tonnet à Pau qui nous présente sa sélection de livres en lien avec le thème Les livres d’été. Retrouvez ici une partie de sa suggestion d’ouvrages ou rendez-vous directement dans l’une des quatorze librairies partenaires d’ARTE.

Les garçons de l’été – Par Rebecca Lighieri

Il y a Thadée, la vingtaine, beau gosse, fou de surf, étudiant fantôme, chéri de ces dames et de sa mère en particulier. Il y a Zachée, son frère cadet, la vingtaine aussi, beau gosse également, très bon surfeur de surcroît, trop bon peut-être aux yeux de son aîné. Il y a Ysé, leur soeur cadette, une pré adolescente compliquée à laquelle on prêterait volontiers un futur pervers. Il y a Jérôme et Mylène, leurs parents, bourgeois biarrots plus qu’aisés. Le roman commence alors que Thadée qui est allé s’éclater à La Réunion où se trouvent des spots fantastiques se fait arracher une jambe par un requin. Il est rapatrié à Biarritz et commence pour lui une vie à l’opposé de celle qu’il menait, de celle dont il rêvait : la vie d’un infirme.

Les filles au lion – Par Jessie Burton

En 1967, cela fait déjà quelques années qu’Odelle, originaire des Caraïbes, vit à Londres. Elle travaille dans un magasin de chaussures mais elle s’y ennuie, et rêve de devenir écrivain. Et voilà que sa candidature à un poste de dactylo dans une galerie d’art est acceptée ; un emploi qui pourrait bien changer sa vie. Dès lors, elle se met au service de Marjorie Quick, un personnage haut en couleur qui la pousse à écrire. Elle rencontre aussi Lawrie Scott, un jeune homme charmant qui possède un magnifique tableau représentant deux jeunes femmes et un lion. De ce tableau il ne sait rien, si ce n’est qu’il appartenait à sa mère. La jeune femme décide de déchiffrer l’énigme des Filles au lion. Sa quête va révéler une histoire d’amour et d’ambition enfouie au coeur de l’Andalousie des années trente, alors que la guerre d’Espagne s’apprête à faire rage.

Joie – Par Clara Magnani

Rome, 2014, fin de l’été. Alors qu’il lisait sur sa terrasse ensoleillée, le coeur de Giangiacomo – dit Gigi – s’est arrêté. Une mort rapide, sans douleur, comme il l’avait toujours souhaitée, se souvient sa fille Elvira, appelée en urgence. Gigi venait de fêter ses soixante-dix ans. Quelques jours plus tard, sous une pile de relevés bancaires, la jeune femme tombe sur un manuscrit inachevé. Elle pense à la trame d’un film – Gigi était cinéaste -, mais, au cœur du texte, découvre une certaine Clara, une journaliste belge. Son intuition lui souffle qu’elle doit exister. Elvira comprend que le récit de Gigi correspond à sa partie d’un livre qu’ils avaient décidé d’écrire ensemble, pour se prouver leur amour. Clara y aurait répondu par sa propre version de l’histoire. S’absorbant dans les pages de Gigi, Elvira y retrouve la proximité qui la liait à lui, mais comprend aussi la matière infiniment précieuse dont était tissé son amour pour cette femme rencontrée quatre ans auparavant.

Les invisibles – Par Roy Jacobsen

Ingrid grandit sur une île minuscule du nord de la Norvège, au début du XXe siècle. La mer est son aventure. Entre la pêche, les tempêtes et la pauvreté, elle possède les saisons, les oiseaux et l’horizon. « Les invisibles » est un roman sur une famille et des enfants forcés de grandir vite face aux éléments, face à une vie réglée par les besoins les plus simples. C’est un roman sur la fatalité et sur les ressources que les hommes déploient face à la rudesse du monde. La narration laconique, veinée de flamboyance poétique, accumule par touches subtiles les composants d’un tableau toujours plus vivant et profond, riche en métaphores. Et puis, il y a les vies de ces hommes et de ces enfants qui, sous la pression de la nature et du temps, deviennent des destinées. Et c’est tout le talent de Roy Jacobsen de rendre visibles « Les invisibles ».

Monteperdido – Par Agustin Martinez

Deux fillettes de onze ans traversent la pinède, comme tous les soirs, pour rentrer du collège. Elles n’arriveront jamais chez elles. Cinq ans plus tard, au fond d’un ravin, est retrouvée une voiture accidentée et le cadavre d’un homme. À ses côtés, une adolescente désorientée mais vivante : Ana, une des fillettes disparues. L’autre est-elle toujours en vie ? Qui se cache derrière cet enlèvement ? Les habitants de ce petit village enclavé des Pyrénées lutteront jusqu’à la mort pour cacher leurs terrifiants secrets. Un roman puissant, âpre et vertigineux à l’image de son saisissant décor.

L’affaire Isobel Vine – Par Tony Cavanaugh

Pour n’importe quel passant, les rues, les places, les jardins de Melbourne possèdent un charme certain. Pour Darian Richards, chacun de ces lieux évoque une planque, un trafic de drogue, un drame, un suicide, un meurtre. Lassé de voir son existence ainsi définie par le crime, et uniquement par le crime, il a décidé, après seize ans à la tête de la brigade des homicides, de passer à autre chose. Une vie solitaire, plus contemplative. Il accepte néanmoins de sortir de sa retraite par amitié pour le chef de la police qui lui demande de disculper son futur successeur, en proie à des rumeurs relatives à une ancienne affaire : en 1990, après une fête donnée chez elle, on a retrouvé le corps sans vie de la jeune Isobel Vine. Suicide, accident, meurtre ? L’enquête fut d’autant plus délicate que quatre jeunes flics participaient à cette soirée.

Rendez-vous à Positano – Par Goliarda Sapienza

Italie, fin des années quarante. Pour les besoins du tournage d’un film, Goliarda Sapienza explore la côte méditerranéenne à quelques dizaines de kilomètres au sud de Naples. C’est ainsi qu’elle découvre Positano, modeste village au flanc d’une colline qui plonge dans la mer. Le choc émotionnel est intense. Dans ce théâtre solaire, hors du temps, elle fait la rencontre d’une femme avec laquelle va commencer une relation quasi amoureuse : Erica. « Rendez-vous à Positano » est l’un des derniers textes de Goliarda Sapienza. Écrit en 1984, il ne fut publié en Italie qu’en 2015, plus de vingt ans après sa mort.

LES DERNIÈRES THÉMATIQUES

Mai – Festival de Cannes, 70 ans !
Librairie La boite à livres, Tours

Quinze hommes splendides  – Par Yvonne Baby

Ce sont des entretiens. Et ce sont des textes, écrits aujourd’hui, qui accompagnent ces entretiens avec quinze artistes que j’ai rencontrés dans mes années du Monde. L’un est musicien, l’autre poète, celui-ci écrivain, celui-là peintre, la haute couture intervient au même titre que la peinture ou le dessin, il y a beaucoup de cinéastes. Tous ont connu les houles du XXe siècle, et renvoient l’écho du monde. Tous ont en commun le doute et la foi. Ils sont donc quinze, et leurs noms éveillent ou réveillent la vie et les mouvements de l’art. Quinze : Orson Welles, Ingmar Bergman, Robert Bresson, Terrence Malick, Robert Motherwell, Luis Bunuel, Pierre Boulez, Federico Fellini, Hans Magnus Enzensberger, Peter Handke, Woody Mlen, Jean-Luc Godard, François Truffaut, Yves Saint Laurent, Yohji Yamamoto. Quinze artistes, et en écho, justement, ce que dit Charles Baudelaire :  » Comme c’est extraordinaire, n’est-ce pas, qu’un homme soit un homme ! « 

Sélection officielle – Par Thierry Frémaux

Jamais, dans l’histoire du Festival de Cannes, qui soufflera en 2017 ses soixante-dix bougies, l’homme qui préside à la Sélection officielle n’avait ainsi tenu son Journal au jour le jour en vue d’une publication. De la clôture de Cannes 2015 à celle de 2016, voici une année dans la vie d’un boulimique qui aime aimer. Nous sommes conviés au coeur de la machine du plus important festival du monde : les équipes, le fonctionnement interne, le jury, les relations avec les critiques et les médias, mais surtout avec les artistes – scénaristes, réalisateurs, acteurs – du monde entier, les producteurs, les agents, les festivals concurrents, jusqu’à l’élection, à partir des mille huit cents films visionnés, de ceux qui feront la « Sélection officielle ».

À Rome avec Nanni Moretti – Par Paolo Di Paolo et Giorgio Biferali

Un journal de voyage sur les lieux romains du cinéma de Nanni Moretti, de « Je suis un autarcique » à « Bianca », de « Journal intime » à « Mia madre » en passant par « Habemus papam » et en évoquant les atmosphères, les personnages, les répliques devenues proverbiales dans la mémoire collective. De ces pages émergent non seulement le rapport du metteur en scène à la ville de Rome, mais aussi un portrait en perspective. Sur les traces de Moretti, le lecteur découvre une Rome multiple, faite de maisons, de terrasses pittoresques, de bancs, de plaisirs moindres mais tout aussi vitaux, comme la musique, les gâteaux ou simplement l’été, une perspective surprenante et « autocratique ».

Le cinéma, art subversif – Par Amos Vogel

« Le cinéma, art subversif » d’Amos Vogel est un livre majeur dans l’histoire de la cinéphilie. Analysant et célébrant les formes de la subversion au cinéma, il répertorie les différents moyens de subversion avant de s’interroger sur l’avenir et les éventuelles limites du cinéma subversif. Il se compose de courts textes théoriques et de plusieurs centaines de notules consacrées à des films subversifs, célèbres ou inconnus. Plus de 300 images, parfois visuellement sidérantes, accompagnent le texte. Paru en 1974 et traduit en français en 1977, ce livre essentiel est aujourd’hui épuisé. Comme il n’a rien perdu de sa force et de sa pertinence, nous avons souhaité le rendre à nouveau disponible, dans une traduction et une maquette révisées, et accompagné de deux préfaces inédites en français.

Cinéma ; scénarios inédits – Par Jacques Prévert

Cinéma rassemble trois scénarios inédits de Jacques Prévert.
Dans le premier, un trafic de pièces d’avion endommagées est révélé par le photographe du Grand Matinal, sur fond d’intrigue amoureuse. Dans « Jour de sortie » ou « La Lanterne magique », deux jeunes amants sont séparés par des villageois bien-pensants. « Au Diable vert » est une comédie sentimentale située dans un café-musée atypique. Un Américain retrouve une jeune femme qui lui était chère. Mais les intrigues d’un proxénète et d’une prostituée vont mettre à mal cette histoire d’amour naissante.
Tous ces scénarios de films non tournés témoignent d’une singulière inventivité, conjuguant liberté de ton, rêverie romanesque, satire sociale et appel à l’imaginaire.

Avril – RODIN : entre passion, génie et turbulence
Librairie Ombres blanches, Toulouse

Rodin – Par Emmanuel Berry

Rodin est un des premiers sculpteurs à avoir compris l’importance de la photographie pour faire connaitre son oeuvre. L’ouvrage d’ Emmanuel Berry offre un nouveau regard sur les sculptures de Rodin, si célèbres que l’on croit tout en connaitre. Ces photos, prises à la lumière naturel mettent en valeur des détails des oeuvres que l’on n’a peut-être jamais observés. C’est tout l’art de la photographie; sublimer le réel.

L’art français: le XIXe siècle, 1819-1905 – Par Henri Loyrette

Panorama de l’art français du XIXe siècle dans sa diversité : Ingres et Delacroix, Manet et Puvis de Chavannes, Gustave Eiffel et Charles Garnier. L’art français devient alors universellement exemplaire, diffusant à l’étranger les trouvailles de l’impressionnisme, le modèle haussmannien ou les audaces de l’Art nouveau.

Auguste Rodin, artiste libre et affranchi – Par Véronique Mattiussi

Une présentation d’Auguste Rodin, de ses oeuvres et de son univers esthétique et artistique à travers les diverses idées reçues que son art véhicule.

Rodin, son musée secret – Par Nadine Lehni et Catherine Chevillot

121 dessins et aquarelles constituent la partie la plus crue de la donation d’Auguste Rodin à l’Etat, longtemps cachée dans l’enfer de ses collections à Meudon. Ces oeuvres explorent les domaines de l’auto-érotisme et de l’homosexualité féminine.

Sculpture sans abri: étude sur Rodin – Par Günther Anders

A partir d’une réflexion sur Rodin et de la conférence de Rilke sur le sculpteur, cet essai analyse les rapports divers que l’oeuvre d’art entretient avec l’espace, tant architectural que social. Il aborde la question du regard porté sur les choses et les objets pris dans la machinerie sociale, et la façon dont l’art du XIXe siècle a essayé de les sauver de leur destin de marchandises.

Mars – Printemps du polar
Librairie La Machine à lire, Bordeaux

Prendre les loups pour des chiens – Par Hervé Le Corre

Sortir de prison, c’est sûrement jamais évident. Mais retrouver son frère, son complice, celui qu’il n’a jamais dénoncé lorsque leur casse a mal tourné, est une forme d’espoir. Pourtant, le frère n’est pas là, sa compagne, véritable femme fatale, représente seule son retour à la liberté. Elle le conduit vers une maison isolée dans le sud de la Gironde, où ce jeune type sacrément paumé va découvrir son étrange belle famille. Vivant de menus trafics et du maquillage de voitures volées, le chef de famille conduit un drôle de clan, qui se nourrit essentiellement de bières dont les cadavres jonchent la table de la terrasse; rôdent aussi un enfant mutique et un chien diablement inquiétant. Dans ce huis clos poisseux, la tension est palpable.

Bondrée: roman noir – Par Andrée A. Michaud

Boundary, aux confins du Maine et du Québec, entouré de bois et où quelques rivières alimentent un lac, a été rebaptisé Bondrée par un trappeur mort depuis longtemps. Ce no man’s land frontalier vit son crépuscule en cet été 1967, sous les yeux d’Andrée Duchamp. La fillette de douze ans voudrait ressembler à Zaza, Sissy et Franchie, un peu plus âgées, jeunes et évaporées. Plus vraiment une enfant, pas encore adolescente et surtout un peu seule, Andrée observe la façon dont le ciel semble s’abattre sur Bondrée quand, un matin de juillet Zaza Mulligan est retrouvée morte, la jambe sectionnée par un piège à ours. On veut croire à un accident, lorsqu’une deuxième adolescente disparaît à son tour.

Pukhtu secundo – Par DOA

Suite attendue de Pukhtu primo, ce second tome de la série continue l’exploration minutieuse de la situation politico-militaire à la frontière de l’Afghanistan et du Pakistan, ainsi que ses résonances mondiales, à travers une série de personnages dont nous suivons avec plaisir les trajectoires parfois sinueuses et souvent clandestines. Comme dans le volume précédent, tous les moyens sont bons pour devenir quelqu’un d’autre, plus riche, plus puissant ou plus apaisé. Ici, la vengeance est toujours au cœur du sujet, levier de toutes possibilités romanesques, servies par un sens aigu de la documentation.
Les personnages sont aussi nuancés que les situations auxquelles ils sont confrontés, et dans ce roman monde, l’ambiguïté et la maîtrise de l’effet papillon transforme ce qu’on l’on pourrait prendre pour un « simple » roman d’espionnage en un tour de force remarquable.

Entre hommes – Par German Maggiori

Ce livre est violent, cru, au vocabulaire équivoque, direct. Il dresse un portrait de Buenos Aires d’une noirceur rare, dans la veine des grands polars de cette région du globe, laminée par l’économie sauvage et les années de junte militaire.
Dans un luxueux appartement de Buenos Aires, un sénateur, un juge et un banquier se retrouvent pour participer à une orgie en compagnie de deux travestis et d’une jeune prostituée. Mais l’affaire tourne mal : la jeune prostituée meurt d’une overdose. Or, toute la scène a été filmée par une caméra dissimulée derrière un faux miroir et la vidéo compromettante a disparu. Cette vidéo va devenir le centre de l’intrigue, flics et voyous vont se la disputer à tout prix, dans le décor sordide de quartiers à l’abandon. On en ressort remué et nauséeux, comme d’un abattoir clandestin. Un choc noir.

Des tueurs pas comme les autres – Par Ken Greenhall

Carl était un nazi. Baxter était un tueur. Carl aurait bien aimé que Baxter tue pour lui. Ils appréciaient tous deux la violence, la perfidie, et méprisaient le monde entier, dont ils souhaitaient la mort, par goût et par besoin. Des psychopathes ? Oui, bien sûr. Des assassins comme les autres ? Non. Car Carl était un enfant et Baxter un chien. Une étrange complicité meurtrière, à re-découvrir dans une des incursions atypiques dans le fantastique que se permet parfois la collection créée par Marcel Duhamel. Un chien, qui pense avec des mots d’homme, un enfant qui médite des meurtres aussi horribles que savants. De quoi ne plus avoir le même regard sur son fidèle animal de compagnie pendant quelques temps.

Seules les bêtes – Par Colin Niel

Une voiture est retrouvée au départ d’un sentier de randonnée. Sa conductrice a disparu. Les gendarmes recueillent des témoignages qui révèlent, chacun, les lourds secrets de cette femme.
Après nous avoir entraîné en Guyane (Les Hamacs de carton, Ce qui reste en forêt et Obia), Colin Niel change complètement d’ambiance. C’est au fin fond du Causse que ce roman choral prend place. Chaque voix nous fait progresser vers la compréhension de l’intrigue. Dans le monde rural, rien ne peut échapper au regard des autres, pourtant chacun n’a qu’une toute petite part de la vérité. Un cheminement implacable qui n’est pas sans rappeler Un pied au paradis, de Ron Rash.