Changements démographiques et politiques de la famille en Europe : ‘au coeur de chaque défi se cache une opportunité’ ?

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Comme le souligne la Commission européenne dans son “Rapport 2010 sur la démographie”, l”UE se trouve face à d”importants changements démographiques : la population vieillit, l”espérance de vie va en croissant, la fécondité a commencé à augmenter de nouveau et l”Union demeure un pôle d”attraction pour un grand nombre d”immigrants. Le rapport présente l”effet de ces changements sur les structures familiales en Europe.

Il y a deux facteurs principaux qui affectent la dynamique et la structure de la famille en Europe: les taux de fécondité et l”espérance de vie. Les taux de fécondité en Europe sont les plus élevés en Irlande, en France, au Royaume-Uni et en Suède, alors que la hausse la plus importante a été observée dans les nouveaux Etats membres – Bulgarie, Slovénie, République tchèque et Lituanie. Il s”agit ici d”une hausse par rapport aux taux enregistrés entre 1980 et le début des années 2000, qui était une période de transition démocratique, économique et sociale pour les états d”Europe Centrale et Orientale. Ceci est certainement dû à l”amélioration des conditions économiques dans ces pays, à laquelle contribue également leur adhésion à l”UE. Toutefois, les taux de fécondité en Bulgarie –  passé de 1,23 enfant par femme en 2003 à 1,57 en 2009 – demeurent très bas en comparaison avec, par exemple, l”Irlande (2,07) ou la France (2.00). De façon globale, l”espérance de vie ne cesse de croître dans tous les Etats membres.

D”après le rapport, il y a certaines tendances de natalité, à première vue paradoxales. Premièrement, le taux de fécondité est plus élevé dans plusieurs pays où les femmes choisissent d”avoir des enfants plus tard dans leur vie. Ensuite, l”évolution des perceptions sociales du rôle du mariage et la plus grande fragilité des relations aboutit à davantage de naissances hors du mariage, dans le cadre du concubinage ou des familles monoparentales, par exemple. Troisièmement, la fécondité est également plus élevée dans les pays où le taux d”emploi des femmes est élevé. Toutefois, la prospérité ne suffit pas à elle seule pour encourager la fécondité – il faut la combiner avec des politiques publiques visant à assurer l”égalité des sexes et l”équilibre entre la vie privée et la vie professionnelle des parents. Finalement, le taux de fécondité est également plus élevé dans les pays où il existe des services adéquats de garde d”enfants.

Quant à la deuxième tendance forte, la population vieillissante résulte du fait qu’il y a de moins en moins de jeunes qui souhaitent fonder une famille ; et, en même temps, l”évolution des systèmes de valeurs favorise une augmentation du nombre des couples sans enfants. Le fait qu’une grande proportion de jeunes adultes habitent avec leurs parents peut également avoir un impact négatif sur le taux de fécondité.

En conclusion, ces nouvelles tendances démographiques ont pour résultat une diminution du nombre des mariages, davantage de situations de concubinage, plus de divorces, et un âge moyen plus avancé des femmes qui donnent naissance.

Ces changements démographiques posent un défi sans précédent à l”Europe. La proportion croissante de personnes âgées conduirait d”ici 2050 à une insuffisance de main d”œuvre et une perte de croissance économique, due à l”augmentation des dépenses publiques (visant à financer les retraites et les systèmes de sécurité sociale). Ainsi, la réussite de la Stratégie “Europe 2020″ dépendra en grande partie de la capacité des Etats membres d”affronter ces défis. Des priorités politiques visant à adresser ces problèmes ont été fixées dès 2006 : promouvoir la fécondité à travers un meilleur soutien pour les familles ; promouvoir le vieillissement actif ; encourager la croissance économique ; attirer et mieux intégrer les immigrants en Europe ; instaurer une meilleure gestion des finances publiques. Ces priorités fournissent une orientation lors de la formation des politiques au niveau européen et national. Les Etats membres devraient échanger davantage de bonnes pratiques. Pour autant, le fardeau de l’action reste au niveau national, car vu sa compétence limitée dans le domaine de la famille, le rôle de l”UE ne peut être que de soutenir les efforts des Etats membres à faire face à ces défis. 

 

Elitsa Mincheva

 

Pour aller plus loin

“Rapport 2010 sur la démographie : Les dernières données sur les enjeux démographiques dans l’UE”, paru en Avril 2011, accessible au http://epp.eurostat.ec.europa.eu/cache/ITY_PUBLIC/3-01042011-BP/FR/3-01042011-BP-FR.PDF

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