FICHE DE LECTURE – La réunification allemande et l’Europe : Süddeutsche Zeitung – Allemagne

Carte d »identité du journal :

Nom : Süddeutsche Zeitung

Première parution : 6 octobre 1945

Nombre d »exemplaires vendus : 435 433

Orientation politique : centre gauche

Site Internet www.sueddeutsche.de

 

Informations sur l »article

Auteur : Oliver Das Gupta

Titre: Thatcher considérait l »Allemagne comme un dangereux crapaud

Date de publication : 10 septembre 2009

 

L »article revient sur la polémique déclenchée par la publication d »archives du ministère britannique des Affaires étrangères, vingt ans après la réunification des deux Allemagnes. Ils révèlent l »ampleur des réticences du Royaume-Uni et de la France face à l »unité allemande, et ce qui les a finalement poussés à y consentir.

 

Dans l »Allemagne réunifiée, il y a eu un grand nombre de débats et de spéculations sur l »attitude des partenaires européens face à l »unité allemande. Tout le monde connaît les réserves de François Mitterrand. Au Royaume-Uni, où le gouvernement est resté plus discret, l »opinion publique était surtout consciente des importantes réticences de Margaret Thatcher par rapport à l »Allemagne. L »ouverture d »archives du ministère des Affaires étrangères, à point nommé pour le XXe  anniversaire de la chute du Mur, a étayé par des faits concrets les suppositions entourant la position britannique.

Une chose est sûre : Margaret Thatcher était viscéralement méfiante à l »égard des Allemands. Leur identité réputée pétrie « de volonté de conquête et de doutes » représentait pour elle l »horreur absolue. Son conseiller Charles Powell l »a confortée dans ce sens en spéculant sur l »euphorie observée à Bonn lors de la chute du Mur et sur le fait qu »à l »avenir, l »Allemagne risquait de faire cavalier seul. La République fédérale a été comparée à Toad, le crapaud d »un célèbre livre pour enfants. A la fin de l »histoire, Toad savait conduire des voitures de course et était devenu terriblement dangereux. Selon Powell, Toad avait pris les rennes de l »Allemagne.

Le président français a conforté les doutes de Charles Powell et de Margaret Thatcher. Tout en coopérant officiellement avec Helmut Kohl, il leur a fait comprendre qu »il partageait leurs réserves.

En fin de compte, c »est le ministre des Affaires étrangères Douglas Hurd qui réussit à convaincre Madame Thatcher de s »associer aux négociations dites « 2+4 » sur l »avenir de l »Allemagne, entre les deux États allemands, les Etats-Unis, l »Union soviétique, le Royaume-Uni et la France. Il a avancé des arguments pragmatiques et insisté sur le fait que les Américains et les Soviétiques s »étaient déjà engagés à y participer. Si le Royaume-Uni déclinait l »invitation, il s »isolerait, perdrait de son influence et favoriserait l »hostilité que l »on craignait tant de voir se développer en Allemagne. En fin de compte, Margaret Thatcher a accepté d »y participer. Si cela n »avait tenu qu »à elle, l »unité allemande ne se serait jamais faite. Seul le soutien des États-Unis et de Gorbatchev l »a rendue possible.

L »article révèle un fait largement ignoré du public : ceux que l »on considérait comme les plus proches amis de l »Allemagne en Europe étaient en fait les plus farouchement opposés à la réunification. Il montre en outre comment un marchandage avec la France a fini par emporter l »adhésion de Mitterrand : en compensation de l »unité allemande, une monnaie unique verrait le jour en Europe : l »euro.

POUR EN SAVOIR PLUS

Un autre article (en allemand), paru dans le quotidien allemand Die Welt illustre le débat dans une perspective conservatrice et ne mâche pas ses mots : Mitterrand et Thatcher n »y sont pas présentés sous leur meilleur jour…

Cet article de l »hebdomadaire allemand Der Spiegel s »intéresse plus particulièrement au contexte dans lequel s »inscrit la position du Royaume-Uni et de la France sur la « question allemande »..

Le quotidien London Times rend compte de façon détaillée des interventions britanniques auprès de Gorbatchev pour empêcher l »unité allemande.

En France aussi, le débat a été largement relayé dans la presse.

Andreas Isensee

 

 

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