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Bruitages classés X

Dans les films pornos, il y a les images. Mais il y a aussi les bruits qui s’apparentent bien souvent à de véritables symphonies bestiales. Pendant longtemps, cet univers sonore a été conçu par des prestataires, dans des studio aseptisés. Le Blogueur s’est interessé à cette pratique en perte de vitesse : le bruitage de film X.

Oh Oui, oh oui, mmmh, vas-y continue ! L’acteur prend l’actrice, l’actrice prend son pied, ils braillent de plaisir, le bruit saccadé de leur copulation bat la mesure. Restons calmes ! Ces mélodies pornographiques, témoignages auriculaires des plaisirs de la chair, censés amplifier l’excitation du spectateur, ont longtemps été élaborées en studio.

Marcel Herskovits, alias Marc Dorcel, est réalisateur et producteur de films pornographiques en France depuis les années 1980. Il a lui même réalisé certains doublages et bruitages de ses propres films. Contacté par Le Blogueur, il explique qu’avant l’arrivée des DVD, lorsque les films étaient exportés, les acheteurs devaient faire traduire les dialogues, quel que soit leur degré de complexité et de sophistication. Cette procédure impliquait de refaire toute la bande sonore, y compris les bruitages : “À l’époque, on faisait le doublage complet de la bande son qui comprenait les dialogues et les scènes explicites. Un bruiteur s’occupait autant des bruits de voitures que des scènes de sexe.”

Comment faisaient les doubleurs pour imiter les bruits d’un rapport sexuel ? “C’est facile à faire. Il n’y a pas 500 sortes de bruits différents. Pour imiter le son d’une pénétration, je cogne mon poing dans ma paume, pour la fellation, je suce mon pouce et pour le cunnilingus ou la masturbation, je trempe un de mes doigts dans un verre d’eau“, expliquait Rexann Devaux à un magazine Québécois en 2003. Alors pigiste depuis quatre ans pour Érobec, une des seules boîtes de production québécoise à faire du doublage X, elle visionnait chaque film au moins une ou deux fois avant l’enregistrement. Elle était rémunérée entre 30 $ et 50 $ de l’heure, selon la production.

Ce job ludique, et créatif en apparence, n’était pas très jouissif : “Souvent, je peux être seule devant le micro d’un petit studio d’enregistrement durant 12 heures d’affilée. Le plus facile est de pousser des cris de jouissance et des soupirs de plaisir. En même temps, il faut du souffle pour crier pendant 7-8 minutes”, expliquait Rexann Devaux.

Sketh : Bruitage “Blow job”

Elle était aussi chroniqueuse au journal Allô Police, aujourd’hui disparu, et a longtemps gagné sa vie en bavardant sur des lignes érotiques. Elle se souvient de sa première expérience de doublage comme d’un moment fort gênant : “Le gars qui éditait le film était avec moi en studio et je devais simuler le plaisir sexuel et l’orgasme. Je me demandais ce qu’il pouvait bien se dire dans sa tête.” Pas facile de prendre son pied dans ces conditions : “Il peut y avoir des scènes qui vont m’exciter et stimuler mon imagination, mais le studio dans lequel je regarde le film ne m’inspire pas trop…”

Certaines personnes ont tout de même vraiment pris leur pied avec cette activité. Interviewé par la version allemande de Playboy en février 2011, l’acteur allemand Til Schweiger raconte sa propre expérience : ”Ce qui était vraiment marrant, c’étaient les grands scènes de masse, les partouzes. Te voilà devant les micros avec sept, huit, neuf collègues. La plupart d’entre eux, c’étaient des acteurs des théâtres de Essen ou de Düsseldorf – des acteurs de grande renommée ! Et personne d’entre eux n’a avoué publiquement avoir participé à ces films cochons.

Mais selon Marc Dorcel, l’arrivée du format DVD a changé la donne : “Maintenant, on ne vend plus les droits d’un film, mais des DVD pressés en France. On garde le son des scènes rapprochées, on double juste les dialogues.” Il précise que la majorité de ces doublages ont aujourd’hui lieu en Espagne ou se trouvent d’importants “laboratoires post synchro”. Selon lui, les doubleurs, dénichés par le directeur de plateau, sont les mêmes que ceux qui travaillent sur les séries américaines et préfèrent garder l’anonymat. Mais comment les doubleurs sont-ils recrutés ? “L’important, c’est d’avoir le ton juste”, explique-t-il.

Si ce secteur vous intéresse, le grand Pierre Desproges vous propose une démonstration de doublage de films X pour les sourds et les malentendants. De toute manière, pour se lancer, il ne faut pas avoir peur du ridicule :

Casting pour le doublage de la nouvelle star du X suisse :

Catégories : le bruit

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