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Replay. Utopia, The Following…

Le début d’année 2013 est riche en nouveautés pour nous, amateurs de séries. Ce billet incarne donc le retour de la rubrique Replay pour quelques nouveaux épisodes le temps d’émietter toutes les nouvelles séries que les chaînes américaines, anglaises ou françaises (entre autres) nous proposent actuellement. Au sommaire cette semaine, l’éclectique Utopia, la criminelle The Following, la suicidaire Way To Go, la déjà désuète The Carrie Diaries et enfin la désaccordée Tiger Lily.

Utopia (Channel 4)

Les séries anglaises sont capables du pire comme du meilleur. Pour ma part, c’est leur facilité à mêler les genres qui me fascine le plus. Cet éclectisme est possible en particulier grâce à la diversité des lignes éditoriales des chaînes anglaises, chacune souhaitant développer une image forte et différenciée de ses concurrentes.

Parfois, ça loupe, et parfois, ça fonctionne. Utopia appartient à cette seconde catégorie. En quelques mots, Utopia raconte le destin d’un groupe de personnages entraînés, presque malgré eux, dans un thriller complotiste décapant. Leur vice ? S’intéresser à The Utopia Experiments, une bande-dessinnée méconnue publiée dans les années 80 et qui aurait prédit des évènements de l’avenir. Le groupe entre en contact alors avec quelqu’un qui prétend détenir le tome 2 de cette BD, un tome inconnu de tous. Et cela va provoquer leur malheur car une conspiration intrigante, intitulée The Network, semble vouloir faire oublier son existence… à tout prix. Visuellement et auditivement, on s’inscrit pleinement dans la veine creusée par Skins mais déclinée cette fois-ci sur le thème des réseaux. Une dépaysante vision épileptique d’une société paranoïaque ultra-connectée. En fait, c’est presque un parfait prélude au très attendu prochain retour de Black Mirror… sur la même chaîne. Comme quoi, l’identité d’une chaîne, ça peut exister et fonctionner !

Créée par Dennis Kelly. Diffusée depuis le 15 janvier. 6 épisodes prévus.

 

The Following (Fox)

Il parait que c’est LA série événement de ce début d’année. En réalité, ce point de vue est surtout alimenté, dans le cas de la France, par la machine à communication de TF1 (qui diffusera la série) auprès de la presse TV qui répète tout sans broncher. Pourquoi  ?

D’abord, parce qu’il y aurait de la grosse tête d’affiche. En l’occurrence, Kevin Bacon qui donne la réplique à James Purefoy (Injustice, Rome…). Le premier vient du cinoche, le second a tourné dans des trucs inégaux. Ensuite parce que la série s’inscrirait dans la culture Internet. L’histoire ? Un tueur en série monte un culte autour de sa personne et, en utilisant Internet, convertit ses fans à la joie de tuer. Un programme alléchant ? Non. Au final, ça ressemble surtout à une énième série policière comme on n’aime pas en voir. Le format de la série va permettre a priori, en plus, une sérialisation extrême : je m’attends déjà à découvrir à chaque nouvel épisode un fan du tueur en série et l’enquête qui en découle. Il y aurait bien la partie mythologique de la série pour la sauver (les raisons profondes qui poussent le tueur à tuer) mais cette fois-ci, The Following ne me déçoit pas, elle me dégoute. Récupérer (et utiliser) l’héritage d’Edgar Allan Poe, dont l’œuvre inspire le Grand Méchant, au service d’un tel formula show est une véritable insulte.

Créée par Kevin Williamson. Diffusée depuis le 21 janvier. 15 épisodes commandés pour l’instant.

 

Way To Go (BBC Three)

Qui dit BBC Three dit, sauf rares exceptions, comédie. Et j’aurais bien aimé que ce soit le cas avec Way To Go. Mais encore une fois, malgré quelques semi-réussites récentes comme Bad Education ou Cuckoo, la chaîne m’a déçu.

Et pourtant, elle abordait un sujet tabou et donc fortement intéressant : l’assistance au suicide. On suit trois jeunes losers dont la vie sentimentale est aussi passionnante qu’une chaîne de la TNT française. Ils se mettent dans l’idée de vendre un service en aidant les personnes voulant mettre fin à leurs jours de le faire en toute sérénité. Mais ce sujet ne semble être abordé que pour pouvoir l’injecter dans le synopsis de la série. L’auteur consacre le reste du temps à la vie personnelle des trois protagonistes : l’un est secrétaire d’une vétérinaire, le deuxième, son frère, est un raté qui doit de l’argent à la mafia et le dernier, le pote, euh… je n’ai pas grand chose à dire sur lui. Et c’est là que se trouve le problème : la caractérisation des personnages est inexistante et les intrigues sont une simple succession d’idées de sketches moyennement amusants. Vous noterez que le créateur n’est autre que Robert Kushell, scénariste sur Samantha Who ? ou Suburgatory.

Créée par Robert Kushell. Diffusée depuis le 17 janvier. 6 épisodes prévus.

 

The Carrie Diaries (CW)

Mission réussie ! Je vous avait dit il y a quelques jours que j’attendais avec impatience ce prequel de Sex & the City sur la jeunesse de Carrie Bradshaw. Impatience car il me tardait de voir, très cyniquement, la future déconstruction d’un personnage mythique des séries télé.

Au final, je n’ai rien vu de différent de ce que propose la chaîne actuellement. Rien sauf peut-être les tenues des années 80 et Cindy Laupers. Parce que The Carrie Diaries, c’est ça : une série d’ado mielleuse, sans profondeur, dont la vie des personnages se résume à savoir se maquiller, sortir avec une compagne ou un compagnon et, si possible, faire l’amour, avec ou sans capote (pour régler cette question, cela dépend si l’héroïne se trouve dans une famille coincée et/ou si les auteurs veulent qu’elle tombe enceinte). Les références aux années 80 s’enchaînent sans pour autant prouver que la série a pu s’imprégner de cette période. Bref, c’est le passé décliné au présent. Ah, mais non, en fait, Cindy Lauper était aussi dans Gossip Girl.

Créée par Amy B. Harris d’après le livre de Candice Bushnell. Diffusée depuis le 14 janvier. 13 épisodes commandés pour l’instant.

 

Tiger Lily (France 2)

Je ne sais pas s’il y a des bonnes ou des mauvaises séries ou bien s’il y a des séries qui ciblent le public auquel j’appartiens et celles qui visent les ménagères. Je ne sais pas non plus si les deux sont liées et si une série visant les ménagères peut-être bonne et intéresser un public de jeune urbain actif. En revanche, pour moi, il y a des histoires, il y a un point de vue sur cette histoire et il y a une ambition narrative : trois éléments qui m’apparaissent indispensables pour réussir en matière de séries.

Et je ne crois pas que Tiger Lily les réunit. L’histoire : quatre filles aujourd’hui se retrouvent confrontées à leur passé de leur ancien et éphémère groupe de rock à succès, Tiger Lily. Le point de vue : la renaissance de ces quatre femmes au travers des souvenirs de leur jeunesse qu’elles ont fini par enterrer. L’ambition narrative : une série chorale alternant flashbacks et présent. La série se retrouve ainsi le cul entre deux chaînes. D’un côté, le modèle dont elle s’inspire très clairement, Desperate Housewives (y compris la morale en voix-off à la fin de l’épisode, tellement 2000…). Et de l’autre, l’ambition médiocre d’une chaîne dont le but est de produire de la fiction incarnées prioritairement par des héroïnes, si possibles ménagères, et supposément touchantes dans leur rôle de mère. Certes, pour une fois, la caractérisation de ces femmes n’est pas totalement loupée (le personnage de Lio, d’actualité d’ailleurs – Frigide Barjot, ne regarde pas cette série -, propose une vraie humanité) mais elle manque singulièrement de sel. Et j’éprouve un véritable problème sur leur interprétation. Sans entrer dans les détails, je ressens une grande difficulté à prononcer sans artifices, et dans les bonnes tonalités, quelques lignes de dialogues pourtant simples (ce n’est pas le cas pour toutes les actrices ceci dit). La musicalité de la langue française semble encore difficile à faire résonner chez certains auteurs. Mais certains y parviennent : rappelons-nous des Beaux Mecs sur France 2 aux dialogues quasi-parfaitement écrits et interprétés. En gros, Tiger Lily ressemble d’abord à une série de commande qui aurait pour but de durer plutôt qu’à une série exprimant le désir irascible de ses auteurs à raconter cette histoire.

Vous pouvez découvrir le premier épisode en intégralité par ici.

Créée par Charlotte Paillieux et Negar Djavadi. Diffusée à partir du 30 janvier. 6 épisodes prévus.

Catégories : Critique · Série américaine · Série anglaise · Série française

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