Après les ténèbres, la lumière… et l’Europe

C’est donc Michael Haneke qui s’est vu remettre la Palme d’or pour Amour, qui demeure, qu’on le veuille ou non, le plus grand film de cette édition 2012.

L’élément le plus frappant dans ce palmarès est la domination du cinéma européen avec le Danemark de Thomas Vinterberg, la Roumanie de Cristian Mungiu, l’Angleterre de Ken Loach, l’Autriche de Michael Haneke et l’Italie de Matteo Garrone. Une domination qui met en évidence l’absence totale de récompense pour le cinéma américain, pourtant en nombre cette année en compétition.

Côté surprises, les présences de La Chasse, de Thomas Vinterberg, par le biais de son acteur Mads Mikkelsen (prix d’interprétation), d’une grande autorité dans le rôle… d’un homme brisé, ou de Reality de Matteo Garrone avec son Grand prix, n’étaient pas évidents à pronostiquer. En revanche, celle de l’ample et puissant Au-delà des collines de Cristian Mungiu était incontournable, même si un prix du scénario pour ce film de pure mise en scène est plutôt amusant. Le film de Mungiu reçoit par ailleurs, et c’est une exception, un deuxième prix, avec celui des meilleures interprétations féminines aux actrices Cosmina Stratan et Cristina Flutur.

Nanni Moretti voulait, en arrivant à Cannes, voir du cinéma comme il n’en avait jamais vu. Le mexicain Carlos Reygadas a visiblement exaucé ce vœu. Post Tenebras Lux (en français : Après les ténèbres, la lumière) a pourtant été détesté par la critique dans son ensemble. Il s’agit cependant bien du film le plus intrigant et déroutant proposé dans cette sélection. Multiplication des formats de cadres, mélange des temporalités, sexe conjugal spontané et images irréelles entre vaches et tête arrachée, ont obtenu un prix de la mise en scène particulièrement frais et divertissant.

Evidemment, il y a toujours des oubliés. On compte cette année six films pour nous remarquables. On aurait en effet aisément imaginé un prix pour l’irradiant Moonrise kingdom de l’Américain Wes Anderson, le très spirituel coréen du sud In another country de Hong Sangsoo, le quasi magistral Dans la brume de l’Ukrainien Serguei Loznitsa, et le futur classique Mud de l’américain Jeff Nichols. Mais surtout, surtout, l’autre film répondant au vœu de Nanni Moretti pour un cinéma “autre”, jamais vu : l’éblouissant Holy motors de Leos Carax. Ce sera notre gros regret, que compense tout de même une Palme d’Or incontestable.

La rédaction d’ARTE Cannes

 

Le palmarès complet du 65e festival de Cannes

Catégories : Le palmarès 2012

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