Thema

Marcello Mastroianni

L'italien idéal

Cinéma -
53 min

Formé par Visconti et devenu acteur emblématique dans les belles années de Cinecittà, il a connu la gloire avec "La dolce vita" de Fellini et a su imposer son style unique, chic et désinvolte. Un émouvant portrait de cette icône appelée affectueusement "Marcello", qui tente de décrypter en quoi cet homme incarne à jamais la quintessence de l'Italien.

Marcello Mastroianni a grandi dans un milieu modeste et a vécu une jeunesse triste, gâchée par le fascisme, qu'il aimait peu évoquer. Il a appris le métier au théâtre en interprétant dix ans durant les grands auteurs, sous la direction de Visconti. À côté, les bluettes que le cinéma lui propose ensuite lui paraissent du gâteau. Mais avec les belles années de Cinecittà, qui tourne à plein régime après la guerre, un nouveau genre apparaît : des comédies caustiques qui épinglent avec délice la naissance de la petite bourgeoisie italienne et font émerger une génération d'acteurs.

Latin lover

Parmi eux, Vittorio Gassman et Marcello Mastroianni. Selon Alessandro Gassman, tous deux incarnent un aspect de l'âme italienne. Si le premier, son père, s'est plu à jouer les "fanfarons", le second a personnifié une "bonté accueillante et solaire". Puis, un film, La dolce vita de Fellini, a propulsé Marcello Mastroianni au panthéon des stars planétaires. Debout dans la fontaine de Trevi, il impose un style unique, chic et désinvolte à la fois. Le gentil garçon est devenu un charmeur, une image qu'il cherchera en vain à casser en jouant les bouffons, les cocus, les impuissants ou les losers, mais qui correspond à ce qu'il est dans la vie. Pourtant, malgré les conquêtes et les coups de foudre – pour Faye Dunaway puis Catherine Deneuve –, ce mari volage refusa toujours de divorcer de son épouse Flora.

Le documentaire d'Emmanuelle Nobécourt (Musica leggera – Les chansons italiennes) retrace la vie, les nombreuses amours et la carrière prolifique de l'acteur. Il explore aussi une séduction que celui-ci a toujours habilement niée, et s'attache à décrypter ce qui fait de lui la quintessence de l'Italien. De nombreux extraits de films et images d'archives, parfois comiques, émaillent le récit, comme ce talk-show où Sophia Loren titille Marcello Mastroianni sur son côté latin lover. Des témoignages de collaborateurs, d'acteurs (Marina Vlady, Sandrine Bonnaire, Jean Sorel…) et de proches – notamment un entretien touchant avec sa fille aînée Barbara – dessinent le portrait émouvant d'un homme "ostensiblement normal", délicat et chaleureux, fuyant la solitude – il préférait arpenter le plateau et plaisanter avec les techniciens que se terrer dans sa loge –, que tout le monde continuait à appeler tendrement "Marcello".

Générique
  • Réalisation :Emmanuelle Nobécourt
  • Pays :France
  • Année :2014
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    Marcello Mastroianni a grandi dans un milieu modeste et a vécu une jeunesse triste, gâchée par le fascisme, qu'il aimait peu évoquer. Il a appris le métier au théâtre en interprétant dix ans durant les grands auteurs, sous la direction de Visconti. À côté, les bluettes que le cinéma lui propose ensuite lui paraissent du gâteau. Mais avec les belles années de Cinecittà, qui tourne à plein régime après la guerre, un nouveau genre apparaît : des comédies caustiques qui épinglent avec délice la naissance de la petite bourgeoisie italienne et font émerger une génération d'acteurs.

    Latin lover

    Parmi eux, Vittorio Gassman et Marcello Mastroianni. Selon Alessandro Gassman, tous deux incarnent un aspect de l'âme italienne. Si le premier, son père, s'est plu à jouer les "fanfarons", le second a personnifié une "bonté accueillante et solaire". Puis, un film, La dolce vita de Fellini, a propulsé Marcello Mastroianni au panthéon des stars planétaires. Debout dans la fontaine de Trevi, il impose un style unique, chic et désinvolte à la fois. Le gentil garçon est devenu un charmeur, une image qu'il cherchera en vain à casser en jouant les bouffons, les cocus, les impuissants ou les losers, mais qui correspond à ce qu'il est dans la vie. Pourtant, malgré les conquêtes et les coups de foudre – pour Faye Dunaway puis Catherine Deneuve –, ce mari volage refusa toujours de divorcer de son épouse Flora.

    Le documentaire d'Emmanuelle Nobécourt (Musica leggera – Les chansons italiennes) retrace la vie, les nombreuses amours et la carrière prolifique de l'acteur. Il explore aussi une séduction que celui-ci a toujours habilement niée, et s'attache à décrypter ce qui fait de lui la quintessence de l'Italien. De nombreux extraits de films et images d'archives, parfois comiques, émaillent le récit, comme ce talk-show où Sophia Loren titille Marcello Mastroianni sur son côté latin lover. Des témoignages de collaborateurs, d'acteurs (Marina Vlady, Sandrine Bonnaire, Jean Sorel…) et de proches – notamment un entretien touchant avec sa fille aînée Barbara – dessinent le portrait émouvant d'un homme "ostensiblement normal", délicat et chaleureux, fuyant la solitude – il préférait arpenter le plateau et plaisanter avec les techniciens que se terrer dans sa loge –, que tout le monde continuait à appeler tendrement "Marcello".

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    • Réalisation :Emmanuelle Nobécourt
    • Pays :France
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