De Sarajevo à Sarajevo

De Sarajevo à Sarajevo

mercredi 23 mars à 0h15 (52 min)

De Sarajevo à Sarajevo

mercredi 23 mars à 0h15 (52 min)

À travers des images d'archives, les témoignages de ses habitants, et ses cicatrices urbaines, ce documentaire revient sur l'histoire violente de la "petite Jérusalem des Balkans", où nationalités et religions cohabitaient autrefois sans heurts.

On peut lire à Sarajevo le destin d'un pays aujourd'hui disparu, la Yougoslavie, et les soubresauts du vingtième siècle. La ville entre dans la grande histoire le 28 juin 1914, lorsque l'archiduc François-Ferdinand, en visite, y est assassiné par l'étudiant Gavrilo Princip, qui proteste contre la domination de l'Empire austro-hongrois. À la fin des années 1920, le royaume de Yougoslavie bascule dans la dictature pour contrer les revendications nationalistes croates. Cela n'empêche pas les habitants de Sarajevo de vivre en bonne intelligence.

Depuis des siècles, juifs, catholiques, orthodoxes et musulmans cohabitent en bons voisins dans ce qu'on appelle la "petite Jérusalem des Balkans". Les vieux démons nationalistes se réveilleront lors de la Seconde Guerre mondiale, puis en 1980 à la mort de Tito, qui avait donné à la Yougoslavie un semblant d'unité. Cette fois, le pays explose et Sarajevo, assiégée pendant trois ans, devient l'épicentre du conflit entre Croates, Bosniaques et Serbes.

La forme d'une ville

À travers un urbanisme marqué par l'histoire et de nombreux témoignages, notamment ceux d'un ancien résistant, d'un rédacteur du journal antifasciste Oslobodjenje, d'un photographe qui a immortalisé la ville avant et pendant le siège et dont les superbes images ponctuent le film, se dessine le saisissant portrait d'une cité traversée par de multiples ondes de choc. Partout dans la ville, on retrouve des traces du passé. L'ancienne piste de bobsleigh construite pour les Jeux olympiques de 1984, devenue une place stratégique, s'est percée de meurtrières durant la guerre de 1990. Bâtiment emblématique, l'impressionnante Vijecnica, dont François-Ferdinand et son épouse franchissent les portes juste avant leur assassinat, brûlera lors du siège et verra partir en fumée deux millions d'ouvrages. Des images d'actualités et d'archives complètent le tableau, certaines très belles, en noir et blanc, montrant l'harmonie qui régnait il y a un siècle, d'autres poignantes, comme celle où Ivica Osim, l'entraîneur de l'équipe de foot de Yougoslavie, en sueur et très ému, annonce sa décision de démissionner d'une sélection qui symbolisait l'unité nationale, en 1992...

Réalisation:  Emmanuel Hamon