Images de la libération des camps

Chronique d’un film inachevé

Histoire -
75 min
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    • Diffusion :
    • mardi 24 janvier à 23h40
    • Disponible en direct : oui
    • En ligne du 24 janvier au 31 janvier 2017
    VOD-DVD

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Autour d'un documentaire sur les camps de concentration, tourné en 1944-1945 par les opérateurs des armées alliées puis enterré pour raisons politiques, un inoubliable voyage dans le temps à la rencontre des vivants et des morts.

Au printemps 1945, à Londres, le producteur Sidney Bernstein découvre les premières images tournées à Bergen-Belsen par l'armée britannique lors de la libération du camp. Des informations ont déjà filtré sur la politique d'extermination nazie, mais cet immense charnier à ciel ouvert, filmé par de jeunes opérateurs qui, soixante-dix ans plus tard, pleurent encore à ce souvenir, en révèle aux Alliés l'insoutenable réalité. Bernstein propose à son gouvernement de réaliser un documentaire pour établir "à jamais" la vérité des faits, à partir des rushes que les troupes alliées transmettront au fil de leur avancée. Il réunit une équipe chevronnée de monteurs, que son ami Alfred Hitchcock viendra superviser en juin, et confie l'écriture du commentaire à un journaliste réputé.

"Plongée dans les ténèbres"

Intitulé "German concentration camps factual survey", ce film de portée universelle doit obliger les Allemands à comprendre l'ampleur du crime perpétré en leur nom, mais il est destiné aussi à éduquer les générations futures, afin de préserver le monde d'une nouvelle "plongée dans les ténèbres". Les Soviétiques, qui les premiers ont pénétré dans un camp de la mort – Majdanek, en juillet 1944 –, parviennent à Auschwitz au cœur de l'hiver, le 27 janvier 1945, et les images qu'ils en transmettent, en dehors d'une saisissante séquence d'assaut camouflée de blanc, s'avéreront être des reconstitutions, tournées avec certains des rescapés. Trois mois plus tard, quatre heures de négatif film parviennent aux monteurs, à Londres, étiquetées d'un mot qu'ils ne comprennent pas, "Dachau", et qui les marqueront à jamais.

Après la défaite du nazisme, le 8 mai 1945, le projet, pourtant presque achevé, va être abandonné : les Britanniques, qui cherchent à empêcher l'afflux de réfugiés juifs en Palestine, mais aussi au Royaume-Uni, craignent que l'opinion ne se mobilise en leur faveur ; et soucieux de se concilier la population allemande face à la menace soviétique, ils se refusent à la "culpabiliser" davantage.

Dignité

C'est en même temps cette œuvre tombée dans l'oubli et l'histoire terrible qu'elle raconte qu'André Singer restitue au fil d'un récit plein d'émotion. Les images du film, inédites pour la plupart, sont commentées non seulement par les opérateurs qui les ont tournées, mais aussi par certains des rescapés qui y figurent. Plus de soixante-dix ans après, leur dignité offre un puissant antidote à l'horreur dont témoignent les images. Fidèle à l'humanisme qui inspirait Sidney Bernstein et son équipe, André Singer montre de front des plans extrêmement durs sans flatter le voyeurisme du spectateur. Dans les dernières images, qui devaient aussi clore le film inachevé, les Britanniques font défiler une foule de civils allemands devant les cadavres gelés de déportés assassinés, alignés le long d'une petite route de campagne. Cette longue séquence produit l'effet inverse des images choc qui colportent la violence en quelques secondes sur Internet, comme si ce long cortège funèbre adressait à la fois aux morts et aux vivants un message de pitié et de paix.

Générique
  • Production :SPRING FILMS LTD & ANGEL TV LTD PROD
  • Réalisation :André Singer
  • Pays :Royaume-Uni
  • Année :2014
  • Origine :MDR
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    Au printemps 1945, à Londres, le producteur Sidney Bernstein découvre les premières images tournées à Bergen-Belsen par l'armée britannique lors de la libération du camp. Des informations ont déjà filtré sur la politique d'extermination nazie, mais cet immense charnier à ciel ouvert, filmé par de jeunes opérateurs qui, soixante-dix ans plus tard, pleurent encore à ce souvenir, en révèle aux Alliés l'insoutenable réalité. Bernstein propose à son gouvernement de réaliser un documentaire pour établir "à jamais" la vérité des faits, à partir des rushes que les troupes alliées transmettront au fil de leur avancée. Il réunit une équipe chevronnée de monteurs, que son ami Alfred Hitchcock viendra superviser en juin, et confie l'écriture du commentaire à un journaliste réputé.

    "Plongée dans les ténèbres"

    Intitulé "German concentration camps factual survey", ce film de portée universelle doit obliger les Allemands à comprendre l'ampleur du crime perpétré en leur nom, mais il est destiné aussi à éduquer les générations futures, afin de préserver le monde d'une nouvelle "plongée dans les ténèbres". Les Soviétiques, qui les premiers ont pénétré dans un camp de la mort – Majdanek, en juillet 1944 –, parviennent à Auschwitz au cœur de l'hiver, le 27 janvier 1945, et les images qu'ils en transmettent, en dehors d'une saisissante séquence d'assaut camouflée de blanc, s'avéreront être des reconstitutions, tournées avec certains des rescapés. Trois mois plus tard, quatre heures de négatif film parviennent aux monteurs, à Londres, étiquetées d'un mot qu'ils ne comprennent pas, "Dachau", et qui les marqueront à jamais.

    Après la défaite du nazisme, le 8 mai 1945, le projet, pourtant presque achevé, va être abandonné : les Britanniques, qui cherchent à empêcher l'afflux de réfugiés juifs en Palestine, mais aussi au Royaume-Uni, craignent que l'opinion ne se mobilise en leur faveur ; et soucieux de se concilier la population allemande face à la menace soviétique, ils se refusent à la "culpabiliser" davantage.

    Dignité

    C'est en même temps cette œuvre tombée dans l'oubli et l'histoire terrible qu'elle raconte qu'André Singer restitue au fil d'un récit plein d'émotion. Les images du film, inédites pour la plupart, sont commentées non seulement par les opérateurs qui les ont tournées, mais aussi par certains des rescapés qui y figurent. Plus de soixante-dix ans après, leur dignité offre un puissant antidote à l'horreur dont témoignent les images. Fidèle à l'humanisme qui inspirait Sidney Bernstein et son équipe, André Singer montre de front des plans extrêmement durs sans flatter le voyeurisme du spectateur. Dans les dernières images, qui devaient aussi clore le film inachevé, les Britanniques font défiler une foule de civils allemands devant les cadavres gelés de déportés assassinés, alignés le long d'une petite route de campagne. Cette longue séquence produit l'effet inverse des images choc qui colportent la violence en quelques secondes sur Internet, comme si ce long cortège funèbre adressait à la fois aux morts et aux vivants un message de pitié et de paix.

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