Gasland

mardi 12 août à 20h50 (103 min)

Rediffusion vendredi 22.08 à 8h55
Rediffusion samedi 30.08 à 10h30
Rediffusion lundi 15.09 à 8h55

Le point de départ de "Gasland" est une lettre adressée à Josh Fox, le réalisateur. Elle lui propose 100 000 dollars pour pouvoir forer des puits d’exploitation du gaz de schiste sur sa propriété, un Eden forestier bordé par une rivière cristalline. Avec ce documentaire-réquisitoire façon Michael Moore, Josh Fox dépeint une réalité cauchemardesque avec les armes de l'ironie.

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Le point de départ de Gasland est une lettre adressée à Josh Fox, le réalisateur. Elle lui propose cent mille dollars pour pouvoir forer des puits d’exploitation du gaz de schiste sur sa propriété, en Pennsylvanie ? un Eden forestier bordé par une rivière cristalline, affluente du Delaware, où ses parents, dans les années 1970, ont construit une maison de bois idyllique. Sachant que George W. Bush, en 2005, a dispensé les industries de l’énergie du respect des lois environnementales protégeant l’air et l’eau, et que la multinationale Halliburton, qui fut dirigée par l’ex-vice-président Dick Cheney, est pionnière dans l’exploitation du gaz de schiste par fracturation hydraulique, Josh Fox, pour savoir à quoi il s’expose, entreprend d’enquêter à travers le pays armé d’une caméra, de son banjo et d’une curiosité naïve mâtinée d’humour noir. Puisqu’il s’agit d’injecter violemment dans le sol, à quelque 2 500 mètres de profondeur, un cocktail de 596 substances chimiques, dont beaucoup sont dangereuses, comme les éthers de glycol, comment les compagnies, et les autorités qui leur délivrent des permis d’exploitation, garantissent-elles la sécurité de ceux qui vivent à proximité ? La réponse, stupéfiante, apparaît d’emblée, pour se confirmer tout au long d’un périple à travers les dizaines d’États concernés : elles ne la garantissent pas !

Une eau du robinet inflammable

Par la voix des victimes et de certains experts (aucun des représentants des industries n’a accepté de s’exprimer), on découvre que les centaines de milliers de puits qui défigurent les paysages à grande échelle riment avec l’empoisonnement des nappes phréatiques, la présence de gaz naturel dans les réseaux d’adduction (avec eau du robinet inflammable !) et de graves problèmes sanitaires. Des dommages collatéraux manifestement négligeables pour l’administration Obama, au regard d’une industrie censée faire des États-Unis une "nouvelle Arabie saoudite". Comme le montre aujourd’hui Josh Fox dans la suite qu’il a tournée, Gasland II, son pays n’a pas même essayé de réguler sa croissance exponentielle…

Banjo et masque à gaz

Du gros ventre de Michael Moore aux petites lunettes de Josh Fox en passant par les kilos McDonald’s de Morgan Spurlock (Super size me, diffusée par ARTE en 2009), le capitalisme dérégulé a suscité un nouveau héros de cinéma : le documentariste solitaire en lutte contre la toute-puissance des multinationales. Certes, Gasland n’a pas suffi à enrayer la terrifiante ruée vers le gaz qu’il documente. Mais pour contrer les lobbyistes, les stratèges publicitaires, les experts achetés et les avocats de l’Amérique corporate, il offre des images fortes et des idées simples qui en ont fait un étendard de la mobilisation anti-gaz de schiste à travers le monde : comme ces visions récurrentes d’eau en feu, ou ce plan de Josh Fox, masque à gaz sur le crâne, jouant du banjo devant un splendide panorama hérissé de puits d’extraction. 

Le point de départ de Gasland est une lettre adressée à Josh Fox, le réalisateur. Elle lui propose cent mille dollars pour pouvoir forer des puits d’exploitation du gaz de schiste sur sa propriété, en Pennsylvanie ? un Eden forestier bordé par une rivière cristalline, affluente du Delaware, où ses parents, dans les années 1970, ont construit une maison de bois idyllique. Sachant que George W. Bush, en 2005, a dispensé les industries de l’énergie du respect des lois environnementales protégeant l’air et l’eau, et que la multinationale Halliburton, qui fut dirigée par l’ex-vice-président Dick Cheney, est pionnière dans l’exploitation du gaz de schiste par fracturation hydraulique, Josh Fox, pour savoir à quoi il s’expose, entreprend d’enquêter à travers le pays armé d’une caméra, de son banjo et d’une curiosité naïve mâtinée d’humour noir. Puisqu’il s’agit d’injecter violemment dans le sol, à quelque 2 500 mètres de profondeur, un cocktail de 596 substances chimiques, dont beaucoup sont dangereuses, comme les éthers de glycol, comment les compagnies, et les autorités qui leur délivrent des permis d’exploitation, garantissent-elles la sécurité de ceux qui vivent à proximité ? La réponse, stupéfiante, apparaît d’emblée, pour se confirmer tout au long d’un périple à travers les dizaines d’États concernés : elles ne la garantissent pas !

Une eau du robinet inflammable

Par la voix des victimes et de certains experts (aucun des représentants des industries n’a accepté de s’exprimer), on découvre que les centaines de milliers de puits qui défigurent les paysages à grande échelle riment avec l’empoisonnement des nappes phréatiques, la présence de gaz naturel dans les réseaux d’adduction (avec eau du robinet inflammable !) et de graves problèmes sanitaires. Des dommages collatéraux manifestement négligeables pour l’administration Obama, au regard d’une industrie censée faire des États-Unis une "nouvelle Arabie saoudite". Comme le montre aujourd’hui Josh Fox dans la suite qu’il a tournée, Gasland II, son pays n’a pas même essayé de réguler sa croissance exponentielle…

Banjo et masque à gaz

Du gros ventre de Michael Moore aux petites lunettes de Josh Fox en passant par les kilos McDonald’s de Morgan Spurlock (Super size me, diffusée par ARTE en 2009), le capitalisme dérégulé a suscité un nouveau héros de cinéma : le documentariste solitaire en lutte contre la toute-puissance des multinationales. Certes, Gasland n’a pas suffi à enrayer la terrifiante ruée vers le gaz qu’il documente. Mais pour contrer les lobbyistes, les stratèges publicitaires, les experts achetés et les avocats de l’Amérique corporate, il offre des images fortes et des idées simples qui en ont fait un étendard de la mobilisation anti-gaz de schiste à travers le monde : comme ces visions récurrentes d’eau en feu, ou ce plan de Josh Fox, masque à gaz sur le crâne, jouant du banjo devant un splendide panorama hérissé de puits d’extraction. 

Réalisation: Josh Fox