La gloire des putains

EXTRAIT mercredi 28 septembre à 0h40 (111 min)

La gloire des putains

mercredi 28 septembre à 0h40 (111 min)

Rediffusion vendredi 07.10 à 2h00

Un triptyque sur la prostitution en Thaïlande, au Bangladesh et au Mexique. Loin des reportages voyeuristes, un documentaire rare sur les travailleuses du sexe, au moment même où un débat doit à nouveau s'engager en France.

Bangkok. À L'Aquarium, qui surplombe une galerie commerciale, les filles sont dotées de numéros et sagement assises sur des gradins derrière une vitre. Le patron du lieu vante aux clients les qualités de ses recrues, de l'étudiante docile à la " tigresse". Les tarifs, de 35 à 41 euros, varient en fonction de l'âge et des spécialités requises. Habillées à la dernière mode, les filles pointent en arrivant et prient devant un petit autel bouddhique pour avoir assez de travail...

Faridpur, district de Dhaka, Bangladesh. Au coeur de cette ville de 1,7 million d'habitants, un bordel géant nommé "Cité de la joie". Des ruelles insalubres, de minuscules pièces en rez-de-chaussée et à l'étage, pas de sanitaires mais des seaux et des cuvettes. C'est le royaume de plusieurs mères maquerelles qui ont chacune leur cohorte de gagneuses qu'elles achètent (entre 45 et 75 euros) à des rabatteuses et dont elles font l'"éducation". La passe coûte entre 2 et 4 euros. Mais ici, religion musulmane oblige, les prostituées doivent afficher en public des tenues décentes...

Reynosa, Mexique. Dans cette immense agglomération industrielle à la frontière du Texas, la zona de tolerancia est un quartier contrôlé par une barrière, où les clients circulent en voiture. Ici le commerce du sexe s'insère dans un univers de syncrétisme à la mexicaine, avec ses rituels de sorcellerie, ses têtes de mort (la Santa Muerta) et une Sainte Vierge omniprésente sous forme de tatouages ou de statues. Les femmes espèrent ainsi se protéger des ravages de la drogue et de la violence des clients qu'elles satisfont moyennant 10 à 15 euros.

Le monde du travail

Michael Glaggower a travaillé quatre ans sur ce film qui s'inscrit dans sa démarche d'analyse du monde du travail à l'heure de la mondialisation, avec Megacities (1998) et Workingman's death (2005). Voulant tourner librement et sur la durée, il lui a fallu négocier en amont avec diverses institutions et la police, voire la mafia, dans les trois pays. Et gagner ensuite la confiance des femmes pour qu'elles acceptent de parler et d'être filmées. Le résultat est exceptionnel et cruellement factuel, fait de respect et de distance, s'interdisant de porter un jugement ou de moraliser.

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Réalisation:  Michael Glawogger