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L’homéopathie en Europe

Les critiques dénient toute efficacité à l’homéopathie, et imputent ses succès à l’effet placebo ; elle s’implante pourtant de plus en plus dans les centres hospitaliers universitaires, et fait l’objet d’études scientifiques, avec des résultats étonnamment positifs.

Des praticiens du centre hospitalier universitaire de la Charité à Berlin ont mené à bien pendant deux ans une étude dans toute l’Allemagne avec 500 patients et leurs médecins. Le résultat est le suivant : l’homéopathie obtient des résultats au moins aussi bons, voire meilleurs, que la médecine officielle. Les troubles sont atténués par l’homéopathie chez plus de la moitié des personnes interrogées.

Au total, plus de 60 % des études cliniques effectuées jusqu’ici dans le monde montrent que les gouttes et granules homéopathiques donnent des résultas particulièrement bons pour les affections chroniques, parmi lesquelles on citera les allergies, les maux de tête, les troubles du sommeil et les maladies de la peau telles que les neurodermites. Les médecins ont même enregistré des premiers succès chez des patients atteints de cancer, comme par exemple au centre de cancérologie de Bad Imnau qui applique des traitements homéopathiques.

L’homéopathie : méthode et histoire

C’est le 10 avril que l’on fêtera – déjà – le 250ème anniversaire de Samuel Hahnemann, fondateur de l’homéopathie et apothicaire du 18ème siècle. Aujourd’hui encore, les médicaments homéopathiques sont produits selon ses maximes.
Hahnemann met au point sa méthode alors qu’il est encore étudiant en médecine, car les méthodes traditionnelles de son époque ne le satisfont pas. Après avoir terminé sa formation, il commence à faire des recherches et finit par formuler, après toute une série d'expériences dont il est le cobaye et d'essais, le principe bien connu « Similia Similibus Currentur », qui signifie que l’on doit signer un mal par des substances proches. Au lieu d’administrer un « antagoniste », sa méthode prescrit l’usage d’un produit qui peut déclencher des troubles similaires à celui qui doit être guéri. Ainsi, des souches homéopathiques telles que l’écorce de quinquina, administrées sous une forme très diluée, peuvent aider à combattre la fièvre.
Le secret de la guérison par l’homéopathie est le suivant : les symptômes sont considérés comme des mécanismes de défense mobilisés par l’organisme pour se débarrasser d’un trouble. L’homéopathe appuie le processus d’autoguérison au lieu de se contenter de lutter contre les symptômes.
Les expériences sur l’écorce de quinquina réalisées par Hahnemann sont à la base de l’homéopathie. Dans ses longues séries d’essais, il réduit la dose de son médicament jusqu’au moment où la substance précurseur est infinitésimale. Hahnemann, défend la thèse selon laquelle plus la dose de substance initiale est faible, plus son pouvoir curateur est grand. La base de nombreux médicaments homéopathiques est ainsi composée de substances pathogènes, voire même de poisons comme la belladone, le venin de vipère ou l’arsenic, en concentrations très fortement diluées, autrement appelées « puissances ». Le médicament obtenu est si dilué qu’on ne peut plus mettre en évidence de traces de la substance initiale. La solution diluée n’est donc plus toxique, ce qui explique qu’aucun scientifique n’ait pu trouver jusqu’à présent une molécule efficace dans les solutions et les granules au lactose homéopathiques. Les critiques sont d’avis que si l’on ne trouve rien, cela ne peut pas fonctionner.


L’homéopathie en Europe

Actuellement, l’homéopathie est la méthode thérapeutique alternative préférée des Allemands ; elle devance même l’acupuncture, alors que les coûts des traitements ne sont généralement pris en charge que par les caisses d’assurance maladie privées. 4 500 médecins allemands ont suivi une formation d’homéopathe, et la diffusion de cette méthode thérapeutique douce croît également dans les autres pays européens. En Grande-Bretagne, le secteur public de la santé prend à sa charge 100 % des coûts ; ce pays compte aujourd’hui cinq cliniques spécialisées dans l’homéopathie. En France, « l’homéopathie clinique », qui se développe depuis plusieurs décennies, est devenue une branche à part entière de l’homéopathie. Pendant longtemps, 85 % du coût des médicaments homéopathiques ont été remboursés en France ; ce pourcentage a été réduit à 35 % au début de l’année dernière. Les patients belges bénéficient du remboursement de 25 à 100 % des coûts, quelle que soit leur caisse d’assurance maladie.
L’entretien d’anamnèse reste dans tous les pays un élément essentiel et indispensable de l’homéopathie. Le plus souvent, l’homéopathe réalise une anamnèse très longue, qui peut durer jusqu’à deux heures, et qui lui permet de s’informer non seulement des troubles ressentis par le patient, mais de connaître toute l’histoire de ce dernier. Ceci explique que l’on propose souvent un traitement différent à deux personnes pour lesquelles le diagnostic de la médecine officielle était le même.
Contrairement à ce qui se passe en France et en Belgique, les homéopathes britanniques et allemands ne sont pas forcément des médecins. An Allemagne, les guérisseurs-naturopathes ont été pendant longtemps les seuls à lutter pour que les méthodes de l’homéopathie ne sombrent pas dans l’oubli.

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HIPPOCRATE - Magazine de santé
Mardi 23 mai à 14h00

Rediffusion du 12 avril 2005
Rédactrice en chef : Heidemarie Petters Une coproduction ZDF-ARTE G.E.I.E.

Edité le : 11-04-05
Dernière mise à jour le : 16-05-06