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Les routes de la terreur (1 & 2)

Dix ans après le 11-Septembre, cette enquête passionnante revisite les événements à la lumière des deux décennies qui les ont précédés.

> Que faisiez-vous le 11-Septembre ?

Les routes de la terreur (1 & 2)

Dix ans après le 11-Septembre, cette enquête passionnante revisite les événements à la lumière des deux décennies qui les ont précédés.

Les routes de la terreur (1 & 2)

20/09/11

Web-série : "Le 11 septembre 2001, j'étais en train de..."

Demandez autour de vous, vous le verrez : chacun a en tête les circonstances dans lesquelles il a appris la nouvelle de l’attentat d’Al-Quaida sur les Twin Towers. Des flashs gravés dans la mémoire, des instantanés. L’idée de cette série est donc de poser cette question à une vingtaine de personnes : « Que faisiez-vous exactement au moment où vous avez pris connaissance de l’attentat du 11-Septembre ».

Parce que le choc, le 11 septembre 2001, a été tel que l’instant s’est gravé dans la mémoire, qu’il est devenu une date dans la vie de chacun. Il y a un « avant » et un « après » 11 septembre 2001. Aussi chacun sait où il était, ce qu’il faisait, dans quelle action, dans quel travail il a été interrompu quand il a appris la nouvelle. Le 11-Septembre est devenu un repère dans la vie. Et, bien sûr, c’est un événement universel, planétaire.








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Une série proposée par Claire Doutriaux, filmée en France par Conce Codina et en Allemagne par Jan Peters.
© Atelier de Recherche/ARTE France, 2011




ET VOUS, QUE FAISIEZ-VOUS AU MOMENT DES ATTENTATS ? VENEZ RACONTER VOS SOUVENIRS DANS LES COMMENTAIRES...


Que faisiez-vous le 11-Septembre, a demandé ARTE aux internautes, en écho à la Web-série de Claire Doutriaux. Sur Twitter comme dans les commentaires ci-dessous, un inventaire à la Prévert en forme de "Je me souviens… ".



Je regardais les hommes tomber.

Elle est éthiopienne et le 11-Septembre, c'est le Nouvel an éthiopien. Elle se préparait un café en regardant CNN et en ce premier jour de l'année, elle a vu un avion, puis un deuxième, percuter l'une après l'autre les tours jumelles. À la maison, devant un mur de téléviseurs à la Fnac, dans un hôtel chinois, un restaurant kebab, une salle de jeux en ligne, par téléphone, dans la queue d'une pharmacie, au collège ("On est allés en salle vidéo regarder un docu et le choc quand la TV s'est allumée sur TF1 !"), le 11-Septembre, ce sont d'abord des images. Irréelles et hypnotiques, pétrifiant soudain le traintrain de la normalité, elles tournent toujours en boucle, dix ans après, dans les mémoires. Seule Annie, coupée de la télé dans son camping italien, n’a pas été happée par le tableau de "fin du monde" que le monde entier regardait. Elle s’est seulement demandé pourquoi le voisin mettait tout d’un coup sa radio si fort.

Si irréelles, ces images, que beaucoup ne les ont pas crues. "Mauvais film-catastrophe", "science-fiction", voire nouveau jeu vidéo sur le marché… Annie, deux jours plus tard, en apprenant la nouvelle, s’est même souvenu d’Orson Welles et de sa fausse "Guerre des Mondes" radiophonique. D’autres ont tenté "de se raccrocher à des petites choses" : "Ils ont coupé mon feuilleton tout à l’heure pour mettre ça…", c'est tout ce que sa mère a su dire à Tony, 9 ans, quand il est rentré de l’école. Et dix ans après, une autre internaute se souvient de "l’effet papillon" qui a précédé sa découverte des attentats : l’écroulement, dans un supermarché parisien, d’une pyramide géante de bouteilles de vin, comme un mystérieux signe avant-coureur de la violence qui explosait à 6 000 kilomètres de là.

À se retrouver ainsi spectateur d'un cataclysme en train de se produire, on se souvient surtout de la panique ("Tout n’était qu’affolement"), du chagrin et de l’effroi. "Je me souviendrai toute ma vie des images de défenestration qu'on nous passait en boucle". "J'avais 14 ans, je n'arrivais pas à croire que j'avais vu des gens mourir en direct, seule chez moi, sans personne à qui en parler…" "Je ne peux empêcher mes larmes de monter (et encore maintenant...)" "J’ai prié, alors que je ne suis pas croyante." "J'ai pleuré pour des gens que je ne connaissais pas. J'ai pensé qu'il y avait la guerre"…

Bien sûr, il y a aussi les soupçonneux ("les avions ne sont qu'un camouflage pour tromper l'opinion"), les miséricordieux ("Que cela ne se reproduise plus inch Allah ! Et nulle part ailleurs…", les indifférents (le 11 septembre, "je me faisais piercer l'arcade") ou les distanciés ("C'était le 28e anniversaire de la prise du pouvoir par Pinochet au Chili et marquant le début d'une terrible dictature, non ?"). Yacininho, lui, n'a besoin que de cinq mots pour se souvenir : "Je regardais les hommes tomber."

Edité le : 12-08-11
Dernière mise à jour le : 20-09-11