Désireux d’élargir la communauté des convertis, Rob Hopkins rédige à cet égard une sorte de mode d’emploi reprenant les principes de son initiative. Véritable bible des « transitioners », The Transition handbook ou Manuel de transition détaille le projet par le menu. Un double enjeu : le changement climatique et la fin prochaine du pétrole bon marché. Une résolution : anticiper cette inéluctable évolution, sans attendre une quelconque action des gouvernements, mais – autant que possible – en collaboration avec les autorités locales. Il ne s’agit pas de vivre en autarcie, mais de permettre à chacun de se préparer à des lendemains moins chantants – c’est l’idée-force de la résilience, ou la capacité à s’adapter à un bouleversement majeur. Initiative citoyenne et apolitique, le mouvement se divise en groupes thématiques, oeuvrant chacun pour organiser un plan de descente énergétique d’ici 2030. Jardins partagés, plantations d’arbres fruitiers dans les lieux publics, développement des énergies propres, soutien aux producteurs locaux, relocalisation de l’économie par le truchement d’une monnaie complémentaire… les projets sont nombreux et relèvent surtout du bon sens, dans un pays qui importe 80 % de sa nourriture. Rien de très tape-à-l’œil – hormis les panneaux solaires qui se multiplient dans le paysage –, mais un indécrottable optimisme et la volonté ferme de privilégier une vision positive de l’avenir.
Cet état d’esprit est d’ailleurs un moteur pour les villes en transition : loin de tout alarmisme, leurs partisans entendent profiter des changements qui s’imposent d’ores et déjà à nos sociétés pour inventer un nouveau mode de vie. Une action collective par laquelle les individus retrouvent leur capacité de décision et développent entre eux des liens plus étroits. « Les gens se parlent ! » soulignent, presque étonnés, les transitioners. C’est peut-être là le succès et la richesse de la Transition : repenser le tissu social et favoriser la solidarité comme la transmission. A force de séminaires et de conférences, les convertis de la première heure ont fait de nouveaux adeptes. Nombre de grandes villes tentent désormais l’expérience, en Grande-Bretagne (Bristol, Brixton, Liverpool…), mais aussi en Australie, au Chili, au Canada, aux Etats-Unis… Elles sont plus de quatre cents aujourd’hui.






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