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La Nuit des étoiles

Chaque été, une pluie d’étoiles filantes, les Perséides, donne le signal de la Nuit des étoiles, la grande fête de l’astronomie prévue cette année les 10, 11 (...)

La Nuit des étoiles

02/08/12

Vie ailleurs : une quête sans fin ?

Par Serge Brunier


Progressivement, insensiblement, la question s’est déplacée. Pour les astronomes, biochimistes, biologistes, il existe de la vie ailleurs, sur une autre planète que la Terre : c’est une certitude. Reste à la trouver, et cela, c’est une autre affaire… Car si toute la science et la technologie actuelles sont tendues vers cet objectif, qui peut être considéré comme le grand projet scientifique mais aussi métaphysique de ce début de millénaire, la nature, de son côté, semble vouloir se jouer de l’impatience et de la curiosité de l’humanité…

La question, fascinante, lancinante, de l’existence, ailleurs dans l’Univers, d’autres formes de vie, voire d’autres êtres pensants, qui, comme nous, lèveraient des yeux interrogateurs vers le ciel est aussi vieille que la pensée rationnelle. Jusqu’à la Renaissance, le ciel était peuplé de dieux et d’anges, puis, avec la découverte en 1610 par Galilée que le ciel et la Terre appartenaient au même monde, à un cosmos infini ou presque, la question de l’existence d’autres terres, et partant, d’autres formes de vie, d’autres humanités, est devenue légitime, puis, progressivement, obsédante. À tel point qu’au tournant des XIXe et XXe siècles, lorsque, avec leurs lunettes géantes, les astronomes ont commencé à pouvoir observer en détail les planètes du système solaire, suivre au jour le jour leur météorologie, scruter leurs lunes, ils ont littéralement « habité » de leurs fantasmes ces terres lointaines… Vénus ? Une serre géante, peuplée de reptiles géants, peut-être. Mars ? À l’évidence, une sœur jumelle de la Terre, recouverte de forêts et de landes vertes et brunes, variant au fil des saisons. Jupiter, Saturne ? Pourquoi ne pas imaginer sous leurs nuages colorés et changeants, des formes de vie exotiques ?



À la fin du XXe siècle, l’exploration, in situ, de ces autres mondes par une armada de sondes spatiales, essentiellement américaines, a jeté un froid dans la communauté scientifique : les planètes du système solaire se sont toutes révélées des déserts vides, brûlants ou glacials, en apparence totalement dénués de toute forme de vie. Mars ? Ses forêts, ses prairies, n’étaient finalement que du sable, déposé sur le sol au hasard des vents… Paradoxalement, c’est sur Terre que des « extraterrestres », que l’on appelle désormais les bactéries extrêmophiles, étaient découverts, dans les milieux les plus hostiles, les plus exotiques : fond des mers, saumures, lacs acides, glace antarctique : la vie, sur Terre, semble s’être adaptée à des conditions véritablement extraterrestres.


La vie, selon le nouveau credo des scientifiques, pourrait se cacher sous la surface de Mars, sous les banquises des satellites de Jupiter et Saturne, dans les lacs sombres de Titan.
Du coup, le regard des chercheurs a changé, et c’est à une véritable revisitation des planètes du système solaire qu’ils s’adonnent aujourd’hui. La vie, selon le nouveau credo des scientifiques, pourrait se cacher sous la surface de Mars, sous les banquises des satellites de Jupiter et Saturne, dans les lacs sombres de Titan. Et quand bien même notre système solaire ne connaîtrait qu’un seul monde vivant – le nôtre – eh bien, mille milliards de planètes nous attendent dans la Galaxie, mille milliards de planètes et leurs centaines de milliards de lunes, leur infinité de paysages, d’océans, de montagnes, de vallées, de volcans, de nuées et de brouillards, et parmi ces milliers de milliards de mondes, combien, portant, comme la Terre, des formes de vie ? Probablement un très grand nombre, selon les chercheurs qui considèrent que la vie, pour croître et embellir, n’exige que des composés organiques à base de carbone, de l’eau comme milieu solvant et enfin de l’énergie, qu’elle soit externe – l’éclat du Soleil, des étoiles – ou interne – chaleur de la radioactivité, du volcanisme. Un inventaire d’une déroutante simplicité, qui donne le vertige, tant ces conditions semblent faciles à trouver, partout dans l’Univers.

Reste à découvrir ces planètes habitées… L’exemple de Mars, dont, depuis cinq siècles d’observation astronomique et une douzaine de missions d’exploration sur place, les scientifiques n’arrivent pas encore à décider si, oui ou non, elle a été, ou est, aujourd’hui, habitée, incite à la prudence, voire au pessimisme : il sera très difficile de détecter, à mille années-lumière d’ici, les preuves univoques de la présence de vie sur un autre monde. Et ceci d’autant plus qu’il n’existe actuellement aucune théorie expliquant comment, sur Terre, la matière est passée, un beau jour, de l’inerte à l’animé. Pire, il n’existe aucun consensus, parmi les scientifiques, sur le statut de la vie, aucune ontologie du vivant. Les chercheurs trouveront-ils ailleurs ce qu’ils ne parviennent pas à définir ici ?

Serge Brunier
http://www.sergebrunier.com/







Edité le : 13-07-12
Dernière mise à jour le : 02-08-12