Au cours des dernières semaines, les citoyens tchèques ont presque entièrement oublié la présidence de l’Union européenne. Tous les médias ne parlaient que de la composition du nouveau gouvernement : qui succèdera à Karl Schwarzenberg aux Affaires étrangères ? Qui deviendra ministre des Finances ? Y aura-t-il des rescapés du cabinet de Mirek Topolánek ? Maintenant, les spéculations sont terminées. Voici le nouveau gouvernement : vous y trouverez le chef de l’administration pour la préservation de la concurrence (Martin Pecina, nouveau ministre de l’Intérieur), le chef de l’Institut national de supervision alimentaire (Jakub Šebesta, nouveau ministre de l’Agriculture) ou encore le directeur de l’Institut tchèque pour l’inspection de l’environnement (le nouveau ministre de l’environnement Ladislav Miko).
Seuls quatre ministres possèdent une certaine notoriété : le nouveau ministre de la Culture Václav Riedlbauch, jusqu’à présent directeur de la Philharmonie de Prague. Miroslava Kopicova, nouvelle ministre de l’Education qui occupait déjà ce poste il y a quelques années. Jan Kohout, un des hommes politiques les plus connus de la gauche parlementaire, qui devient ministre des Affaires étrangères. Et le seul rescapé de ce changement de gouvernement : Michael Kocáb, rockeur et militant des droits de l’homme, qui reste ministre pour les Minorités. Dans son ensemble, cependant, ce gouvernement est bien ce que toute la classe politique tchèque avait prévu et voulu : technocratique.
Et, outre le fait qu’il ne comporte que trois femmes pour treize hommes, la composition du nouveau gouvernement montre une autre chose inquiétante : sur les seize nouveaux ministres, huit sont issus du parti social-démocrate (ČSSD) et six sont proches du parti citoyen démocratique (ODS) de l’ancien Premier ministre Mirek Topolánek. Ainsi, le gouvernement a beau être « technique » ou « neutre », il aura tendance à se faire influencer par l’ODS d’un côté et surtout par le ČSSD et son leader Jiří Paroubek de l’autre. Ce qui ne renforcera sûrement pas son efficacité. Dans ce sens, le président de la République Václav Klaus s’est montré d’une lucidité rare, lorsqu’il a déclaré samedi, lors de l’entrée en fonction du nouvel exécutif : « Il s’agit du cinquième gouvernement que je nomme en six ans. Je ne sais pas si cela est vraiment un bon signe pour la stabilité de notre système politique... »
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