Deutsch

Taille du texte: + -
Accueil > Européens > Chroniques praguoises

Chroniques praguoises

Chronique hebdomadaire sur la vie politique et culturelle en République tchèque.

> N°7 Session parlementaire

Chroniques praguoises

Chronique hebdomadaire sur la vie politique et culturelle en République tchèque.

Chroniques praguoises

WEBMAGAZINE

Drôle de session parlementaire…

La politique vous semble souvent ennuyeuse ? Vous trouvez les conversations entre responsables politiques techniques et arides ? Vous n’avez pas encore suivi une session parlementaire en République tchèque. Car quelques jours seulement après son approbation du traité de Lisbonne, le Parlement tchèque est devenu un haut lieu de bonne humeur. Et pour le Premier ministre Mirek Topolánek et son ministre de l’Intérieur Ivan Langer, il n’y a rien de plus drôle que de s’éclater un matin entre amis dans la Chambre des représentants, en attendant le député Jan Kasal, censé ouvrir la session du vendredi 20 février…






Lors de cette intervention, Ivan Langer ne parle pas du budget de son ministère pour 2010 ou des inquiétants liens entre la police et les milieux d’extrême droite en Bohème du nord. Il préfère faire une petite blague : « Mesdames et Messieurs, je pense qu’il faut instaurer l’ordre ici. Pour cela, une petite annonce du ministère : ce matin, nous avons décidé de réinstaurer les troupes de l’Intérieur [police politique secrète de la Tchécoslovaquie communiste, responsable de l'enlèvement et de la torture de dizaines de personnes NDLR]. Ne soyez donc pas surpris si vous croisez des tanks en sortant de notre vénérable assemblée. » Et le Premier ministre Topolánek d’ajouter : « J’ai même déclaré l’État d’urgence. Ha, ha, ha. »

Le député Jan Kasal, dont l’autorité avait été directement remise en question par la brève intervention du ministre, exprima son indifférence : « Si quelqu’un fait des blagues pendant mon absence, je ne le prend pas mal. Notre Parlement n’est quand même pas un cimetière. » D’autres représentants ont eu un peu plus de mal : « cette intervention était une insulte qui a déshonoré la réputation du Parlement », s’offusqua le président socialiste de l’Assemblée nationale, Miroslav Vlček.  Un autre porte-parole du groupe socialiste lâcha plus cyniquement : « le comportement du gouvernement a été, une fois de plus, inadapté. »

Un reproche plutôt fondé : récemment, le même Ivan Langer avait faire un bras d’honneur à une équipe de la télévision publique tchèque qui voulait faire une interview de lui. En décembre 2008, le ministre des Finances Miroslav Kalousek avait fait le même geste en direction du querelleux député socialiste David Rath, qui l’avait qualifié auparavant d’ « aliéné mental ».

Finalement, Monsieur Langer a fait son mea culpa et a présenté ses excuses aux députés. Tout en les accompagnant de son souhait le plus vif : « J’espère que malgré ma petite blague, les Tchèques conserveront leur humour. » Avec un tel gouvernement, ils y seront bien obligés…

Alexander Knetig

Edité le : 23-02-09
Dernière mise à jour le : 06-04-09


+ de Européens