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Chroniques praguoises

Chronique hebdomadaire sur la vie politique et culturelle en République tchèque.

> N°5 Alexandr Vondra

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Alexandr Vondra, la présidence et ses ennemis préférés

À l'occasion de la présidence tchèque de l'Union européenne, faisons mieux connaissance tous les mardis avec le personnel politique, les médias et l'humour tchèque.

« Gaza, le gaz russe – et paf, on y est jusqu’aux oreilles », a-t-il observé sur son blog le 10 janvier 2009. Alexandr Vondra – Saša, comme l’appellent ses amis (tel son ancien homologue français Jean-Pierre Jouyet) – est bien conscient que cette présidence tchèque va être longue et douloureuse. Surtout pour lui, car en tant que Vice-Premier ministre aux Affaires européennes, il a dû la préparer et il est partiellement responsable de ses résultats. Jusqu’à présent, au moins, cet atlantiste et libéral convaincu a su trouver des mots clairs…

 

 


Cependant, les prochains mois risquent d’être difficiles pour cet homme politique tchèque qui n’a jamais été connu pour son pragmatisme. Chose qui lui a apporté des amis, mais aussi de nombreux ennemis. Les copains d’abord : le système américain a toujours exercé une forte fascination sur le jeune Saša Vondra. Mais la politique et l’économie ne l’intéressaient pas et il préféra se lancer dans des études de Sciences naturelles. Pourtant, à la fin des années 80, il commença à professer publiquement son refus du système soviétique. Un militantisme qui lui valu trois mois de prison, juste avant la chute du régime. Après la révolution de Velours, ce fut Václav Havel en personne qui signa son acte d’amnistie et qui fit de lui son conseiller en matière de politique extérieure. Après cela, Vondra réalisa son grand rêve et devint l’ambassadeur tchèque au États-Unis de 1997 à 2001. Pendant ces années, il tissa des liens étroits avec les milieux néoconservateurs américains, qui lui confièrent l’organisation du sommet refondateur de l’Organisation du Traité de l’Atlantique nord (OTAN) à Prague en 2002. Juste avant de devenir ministre des Affaires étrangères en 2006, puis Vice-Premier ministre aux Affaires européennes en 2007, il impulsa la mise en place du bouclier anti-missile en République tchèque et en Pologne.

C’est bien ce dernier projet qui le rendit infréquentable pour ses partenaires russes. Et qui est mal vu par un homme politique qui, depuis l’été 2008, veut compulsivement être l’ami des Russes : ainsi, Nicolas Sarkozy s’est prononcé contre un stationnement du bouclier en République tchèque en novembre dernier. Depuis, les médias tchèques suivent la télénovela de ces deux hommes qui ne peuvent pas se voir. Juste après l’annonce du président français, Alexandr Vondra publia un article enragé dans le grand journal de centre droit Lidové Noviny, intitulé « Un peu de respect, Monsieur le Président ! ». Lorsque Sarkozy rétorqua en décembre en critiquant la préparation de la présidence tchèque, Vondra lâcha à la télévision publique : « L’Europe a été un peu hypnotisée, voire abrutie par Sarkozy au cours des six derniers mois. » Le duel a connu son apogée après la mise en scène que Sarkozy réalisa de lui-même à la télévision française jeudi 5 février. Son idée de réimplanter en France des usines automobiles « aujourd’hui installées en République tchèque, par exemple » n’a, bien évidemment, pas été accueillie avec beaucoup d’enthousiasme à Prague. Alors que Mirek Topolánek accuse Sarkozy de protectionnisme, Vondra a proclamé sèchement : « Tandis que la France vit sous le geyser permanent des idées de M. Sakorzy, qui veut sauver le monde tous les jours, la présidence tchèque travaille dur pour trouver au moins quelques solutions concrètes. » À suivre…

Alexander Knetig

Edité le : 09-02-09
Dernière mise à jour le : 06-04-09


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