En République tchèque, Mirek Topolánek est, depuis des années, un des hommes politiques les plus connus, les plus admirés et les plus détestés. Originaire de l’est de la Moravie, il a grandi dans une région industrielle clé de la Tchécoslovaquie communiste, loin de Prague et de ses luttes de pouvoir. Après avoir intégré l’université technologique de Brno, cet ingénieur de formation commence à s’engager en faveur des droits civiques lors de la « révolution de Velours » en 1989. Pendant des années, il milite au côtés de son mentor politique Václav Klaus, l’actuel président de la République, en tentant de suivre ses autres références en la matière, Margaret Thatcher et José María Aznar.
Alors qu’il fut apprécié jusqu’à son arrivé au pouvoir en 2006 pour son pragmatisme (droite modérée, conservatisme modéré, euroscepticisme modéré), il s’est depuis illustré par un esprit plutôt belliqueux. Contesté dès ses débuts par certains membres de son gouvernement, il lâcha une phrase devenue célèbre sur ce qu’un remaniement ministériel signifie pour lui : « N’attendez rien d’autre de moi qu’une Nuit des longs couteaux. C’est tout simplement nécessaire ». Suivirent insultes vulgaires et personnelles contre des députés au cours de certaines sessions parlementaires (« vermine », « idiot »). En 2007, après une de ces sessions mouvementées, il était impliqué dans une bagarre entre parlementaires. En 2008, il donna une gifle à un photographe du quotidien tabloïd Blesk lorsque celui-ci le suivait dans la rue pour prendre une photo de son enfant.
Au cours des premières semaines de la présidence tchèque, M. Topolánek semble pourtant avec retrouvé son sens de la modération. Il a ainsi su faire jouer tout son charme à Moscou lors de la médiation européenne dans le conflit sur le gaz entre la Russie et l’Ukraine. Peut-être a-t-il pu faire valoir ses goûts musicaux auprès de Vladimir Poutine et Dmitri Medvedev, qui sont, comme lui, de grands fans de Deep Purple et Pink Floyd… Et c’est bien à l’est que Mirek Topolánek voit les principaux défis de la présidence tchèque. Notamment dans ses projets en matière de géopolitique, où des pourparlers avec le gouvernement biélorusse doivent apporter début février un rapprochement vers les valeurs démocratiques de la dernière dictature d’Europe. En espérant que M. Topolánek saura garder son sang-froid cette fois-ci…








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