La France est représentée par un hexagone fermé pour cause de grève, l'Allemagne par des autoroutes en forme de croix (gammée ?), la Bulgarie par les fameuses toilettes turques, la Roumanie par un parc d'attractions nommé « Dracula Land », le Danemark par une petite montagne de Lego montrant une caricature du prophète Mahomet, l'Italie par un grand terrain de foot en forme de botte etc. Une oeuvre d'art est née et l'Europe tout entière crie au scandale. Au cours des derniers jours, le ministre des Affaires européennes tchèque Alexandr Vondra a dû présenter ses excuses à tous les pays qui lui avaient adressé des plaintes par écrit. La Bulgarie a même envoyé une lettre à Javier Solana (?!) pour dénoncer cette « humiliation publique ». Faudra-il envoyer le Haut représentant à Prague pour apaiser cette grave crise identitaire de certains pays, provoquée par une production artistique contestable et politiquement dangereuse ?
Tout au contraire. On peut dire que la performance de David Černý est plus que réussie, car il s'agit là d'une oeuvre d'art véritablement tchèque, avec tout son humour grinçant et son ironie. L'art engagé doit pointer du doigt, dénoncer, faire réfléchir. Or, avec son oeuvre plastique de dix mètres sur dix, David Černý a pointé du doigt les préjugés que nous avons les uns sur les autres dans une Europe qui, pour le moment, est loin d'être unie politiquement. Et il a dénoncé le politiquement correct des affaires communautaires et le manque total d'humour de certains représentants nationaux. Humour qui habite pourtant bien le Premier ministre tchèque Mirek Topolánek. Interrogé sur le « scandale » provoqué par son compatriote Černý, il a juste rétorqué, avec son flegme habituel : « Je ne comprends pas beaucoup de l'art contemporain... Mais j'ai déjà envie de voir cette sculpture qui préoccupe autant mes collègues. »








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