Outre ces fabuleux gestes d'un canard avant le décollage – assez insolites, par ailleurs, pour un chef d'État – cette séquence de 30 secondes nous donne un aperçu privilégié sur le bureau de M. Klaus : on remarquera notamment la présence d'une table et d'un ordinateur très modernes dont la forme épouse parfaitement les lignes de cette belle salle du XVIIe siècle. On distingue également un cadre : serait-ce la fameuse photo avec Margaret Thatcher que M. Klaus amène partout avec lui, comme prétendent certaines mauvaises langues ? Et, bien évidemment, on notera aussi l'absence du drapeau européen dans le petit bouquet de drapeaux situé à gauche de l'image. Bien que son pays soit à la tête de l'UE depuis quelques heures, M. Klaus n'a donc pas pu mater son allergie contre ce symbole européen...
Mais ce petit extrait diffusé dans l'émission 168 heures a surtout crée une vive polémique : le cabinet du président a immédiatement exigé le retrait des archives de ce petit exercice d'entraînement sur un air de la Marche de Radetzky de Strauss. Ce n'est que lorsque la télé publique a accepté que la polémique a vraiment commencé : pourquoi un tel retrait dans le pays du brave soldat Švejk (1), où on a toujours eu le droit et l'habitude de tourner en ridicule les dirigeants ? Cette fois, l'irritable président serait-il allé trop loin ? La polémique montre en tout cas que Václav Klaus a une fois de plus perdu en popularité dans un pays qui accepte peut-être que son président soit ultra-libéral et qu'il qualifie de « mythe » le réchauffement climatique, mais qui ne pourra jamais accepter qu'il n'ait pas d'humour.
(1) Le brave soldat Švejk est le héros du roman éponyme de Jaroslav Hašek. Il s'agit d'un homme simple et agréable qui, pendant la 1ère Guerre mondiale, décide de se moquer de ses supérieurs et de rester chez lui. Tout au long du XXème siècle, il est devenu le symbole de la résistance pacifique tchèque aux puissants de ce monde.








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