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Tribal - 21/01/13

Rubber Furries, les adeptes du caoutchouc poilu

Un reportage de Julie Terrasson

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Grâce à leurs combinaisons en latex faites main, les Rubber Furries peuvent vivre dans le monde de leur rêve. Avec ces fétichistes du plastic, les animaux se métamorphosent en maîtresses bondage.

Cette espèce en voie d'apparition est née au Japon. Installés à Tokyo, les Kariwanz font partie des tous premiers rubbers furries au monde. Karin et son fidèle animal de compagnie Wanco sont des stylistes autodidactes.

Ils achètent dans le commerce des feuilles de latex qu'ils taillent puis assemblent à la colle pour concevoir leurs panoplies. En dix ans, les Kariwanz ont créé une cinquantaine de costumes et aucun n'est à vendre.






Wanco Kariwanz
"Quand on se parlait sur Internet, mon pseudonyme c'était "Toutou". On s'est très vite rencontré en soirée. Et pour qu'elle puisse me reconnaître, je me suis habillé en chien. Ça a été l’élément déclencheur."
"Quand on porte un masque, on se sent mieux. On a moins le cœur qui bat la chamade, on est moins stressé, plus serein. C'est une protection." 

Le plus proche parent du rubber furrie, c'est bien évidemment le furrie. Avec plusieurs dizaines de milliers d'individus sur la planète, ces amoureux de la fourrure font ressortir leur moi animal profond.

Très vite, une nouvelle espèce sort des bois : le furverts, contraction de furrie et pervers. Une fois engoncés dans leur combinaison, ils deviennent des bêtes de sexe. C'est le croisement entre le furvert et le sado maso au début du vingt-et-unième siècle, qui accouche du rubber furrie.


>>Bonus web - Saeborg


Avec l'artiste Saeborg, rubber furrie et activisme s'accouplent. Ce jour-là, elle présente "Abattoir 6", sa dernière création dans une galerie d'art tokyoïte. Saeborg a conçu cette ferme des animaux 100% latex pour dénoncer l'exploitation du sexe féminin. Pour la plasticienne, la vache, la fermière ou la brebis sont dans le même panier.

Saeborg
"Je suis très en colère contre toutes les discriminations dont sont victimes ceux qui vivent à la marge, alors que ce sont eux qui vont de l'avant. Je déteste ceux qui font la différence entre le haut et le bas de la société, les forts et les faibles, ceux qui sont dans ce système de pensée. Je déteste tous ceux qui contribuent à cette mentalité. C'est pour ça que j'ai commencé les costumes d'animaux."

En cloîtrant son bétail derrière une clôture en fil de fer barbelé, Saeborg s'en prend à la société japonaise qui enferme chacun dans des cases. Pour élaborer ses costumes, Saeborg allie l'art du latex et du gonflable. Cela fait quatre ans qu'elle fabrique ses costumes elle-même.

Saeborg
"Mon costume de caniches en train de copuler, à première vue, on a l'impression que ce sont des animaux de compagnie très mignons, comme la jolie petite Barbie. On dirait des jouets tellement ils sont mignons. Mais en fait, ils sont en train de baiser, parce que ce sont des êtres vivants. Le fait d'incarner à la fois la femelle et le mâle, ça permet de supprimer la différence des genres. Il n'y a plus de distinction entre l'homme et la femme. Comme ça on ne peut plus m'enfermer dans une catégorie sexuelle."

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mardi, 18 décembre 2012 à 05:00
Pas de rediffusion
(France, 2012, 52mn)
ARTE F

Edité le : 12-12-12
Dernière mise à jour le : 21-01-13