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ARTE Journal - 06/08/12

"Pour le moment, la situation est calme à Goma"

ARTE Journal a interviewé Patrick Wieland, responsable de la mission de Médecins sans frontières dans le Nord-Kivu. Il est basé à Goma, la capitale du Nord-Kivu, où pour le moment la situation est calme. Par contre l'insécurité est omniprésente sur la route de Rutshuru, où MSF gère un hôpital. Il craint des problèmes d'approvisionnement si les violences devaient continuer.



Fanny Lépine/ARTE Journal : Où vous situez-vous actuellement ?




Patrick Wieland : Je suis à Goma, je suis le responsable de Médecins sans frontières, à Goma. La semaine dernière, j'étais à Rutshuru, à 80 km au nord de Goma, là où nous avons un hôpital. Médecins sans frontières collabore avec le ministère de la santé dans un hôpital régional pour tout ce qui est urgences, centre d'opération, soins intensifs et premiers soins. Lorsque nous avons accueilli presque 70 patients suite à des combats qui ont eu lieu dans la région, les médecins ont travaillé jours et nuits pour soigner une grande majorité de civils qui avaient été bléssés lors de ces combats.


Quelle est la situation aujourd'hui à Goma ?




Patrick Wieland : Quand vous vous promenez dans les rues de Goma, les gens vaquent à leurs occupations, la situation paraît tout à fait normale, les commerces sont ouverts, les marchés sont ouverts, les gens vont au travail, les administrations sont ouvertes, avec néanmoins bien sûr quand vous discutez avec la population une certaine appréhension. Les gens ont peur de ce qui peut arriver puisque la donne a changé, le M23 n'est pas très loin de Goma, donc c'est vrai que certaines personnes peuvent craindre une attaque ou que la sécurité se détériore à Goma mais au jour d'aujourd'hui, la situation à Goma est normale.


Avez-vous vu l'armée se déployer pour protéger Goma ?




Patrick Wieland : L'armée congolaise est là, je ne vais pas tous les jours voir comment ça se passe, mais elle est par là, il y a aussi les forces des Nations Unies, de la Monusco, qui sont présentes, bien sûr. Il y a des hommes en armes un peu partout, parfois on ne sait même pas qui ils sont d'ailleurs, suivant où on se trouve. Mais encore une fois, la situation est tout à fait calme à Goma au jour d'aujourd'hui, en tout cas au moment où je vous parle.


Avez-vous accès aux populations facilement ?




Patrick Wieland : Nous pouvons travailler dans de bonnes conditions jusqu'à présent, ça veut dire que les équipes de MSF, les hôpitaux, les véhicules, les ambulances, sont respectées par toutes les parties dans le conflit pour l'instant. Nous devons évidemment travailler à cela, le réaffirmer auprès des différents partis. Nous avons une petite inquiétude quand au ravitaillement de l'hôpital de Rutshuru, puisque la route entre Goma et Rutshuru est soit le théâtre d'opérations militaires, soit le lieu où peuvent arriver des braquages. L'un de nos véhicules a été braqué il y a une dizaine de jours, donc ça pose des problèmes de sécurité. Nous évaluons comment nous pourrions approvisionner en médicaments, en équipement médial et en personnel l'hôpital de Rutshuru, soit par les airs, soit par les pays limitrophes, le Rwanda et l'Ouganda. Donc nous devons évidemment penser à cela et ça cause du souci de savoir que cette route d'approvisionnement est dangeureuse et pourrait devenir impraticable à long terme. Pour l'instant nous n'avons pas d'inquiétude, nous avons des stocks suffisants sur l'hôpital de Rutshuru, donc nous pouvons faire face aux besoins mais il ne faudrait pas que ça se prolonge trop longtemps et que la route soit impraticable.


Est-ce vous pouvez vous déplacer en dehors de l'hôpital ?




Patrick Wieland : Nous avons réduit au maximum les déplacements sur les routes dans les environs de l'hôpital, suite à des braquages. Ce que nous faisons, c'est que s'il y a des urgences, comme par exemple le choléra qui est arrivé il y a à peu près un mois, nous évaluons la situation et nous tentons d'apporter de l'aide à la région qui en a besoin. Mais c'est vrai qu'auparavant nous travaillions avec ce que nous appelons les cliniques mobiles, ce sont des équipes qui ciruclent en voiture dans différents sites. Ca nous avons arrêté à cause des braquages. C'est toujours quand nous sommes en mouvement sur les routes que le danger se fait le plus sentir.


Quand avez-vous dû arrêter ces cliniques mobiles ?




Patrick Wieland : Les cliniques mobiles ont arrêté au mois d'avril-mai cette année. Et nous avons aussi à cause des braquages et des problèmes de sécurité que nos équipes ont rencontré sur les routes complètement arrêté nos activités dans Nyanzale, par exemple, qui est au nord-ouest de Rutshuru, à cause de ces problèmes-là.

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Edité le : 05-08-12
Dernière mise à jour le : 06-08-12