Version sous-titrée en français.
Synopsis : Quatre épisodes marquants dans l’existence de la famille Suleiman, adaptés et inspirés des carnets tenus par Fuad, le père du cinéaste Elia Suleiman. En 1948, Fuad Suleiman prend part à la résistance qui s’organise dès la proclamation de l’Etat d’Israël. En 1970, à la mort de Nasser, Elia a dix ans. En 1980, le jeune homme est forcé de quitter le pays. De nos jours, il retrouve, grisonnant, la maison familiale à Nazareth et peine à retrouver ses marques.

D’Elia Suleiman
(2009, France/Palestine, 1h45)
Avec Elia Suleiman, Saleh Bakri, Samar Qudha Tanus…

A l’écran, Suleiman le Buster Keaton palestinien est effectivement « présent – absent ». Indubitablement là par l’effet comique qu’il provoque et reconduit, mais vraiment au bord de l’effacement par son comportement de débarqué absolu, qui n’a plus de prise sur rien. L’auteur de « Chronique d’une disparition » (1996) a franchi un nouveau pas, et il serait dommage de restreindre son discours de cinéaste à ses seules observations tragi-comiques de la société palestinienne. Lorsqu’une jeune femme, aux deux tiers du film, promène son landau au milieu d’un combat de rue, un soldat de Tsahal lui intime : « Rentre chez toi ! ». Elle lui répond la même chose. Où est Suleiman dans cette scène ? Jacques Tati disait que l’aventure ultime de Monsieur Hulot consisterait en un film dans lequel on ne verrait plus à l’écran le célèbre personnage à la pipe et aux pantalons trop courts. On pourrait néanmoins deviner sa présence grâce à des situations spécifiques de l’esprit Hulot. Suleiman est en train réussir l’équivalent. Pour un auteur à qui on reproche parfois de s’en tenir à un burlesque minimaliste et ronronnant à force de systématisme, c’est plus qu’une victoire, c’est une épiphanie.
Julien Welter







( note Arte: 4.5 )



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