De Pascal Bonitzer(2008, France, 1h33)
Avec Miou-Miou, Lambert Wilson, Valeria Bruni-Tedeschi, Pierre Arditi, Emmanuelle Riva…
Synopsis : Ce week-end dans l’agréable maison de Dampierre, propriété du sénateur Henri Pagès, se devait d’être reposante pour tous les invités. Il n’en sera rien. L’un d’eux trouve même la mort, certainement assassiné. Et dire que les présumés coupables sont aussi nombreux que les convives !
Critique : Pascal Bonitzer a manifestement mis un terme à son association avec Rezo Films, après le succès très mitigé de « Petites coupures » (2003), pourtant excellent, et l’échec de « Je pense à vous » (2006), il est vrai déroutant. Sous la bannière UGC, il adapte aujourd’hui « Le Vallon » d’Agatha Christie, ce qui donne à penser que ce fin connaisseur de la psychanalyse entend aussi redonner un coup de fouet à sa carrière de réalisateur avec une œuvre peut-être mieux boulonnée, sans faire obligatoirement allégeance à la veine farfelue des récentes adaptations de l’écrivain britannique par Pascal Thomas. Il n’en est rien. Et doublement.Plus déroutant que jamais, le réalisateur s’ingénie d’une manière cruelle qui, certes, lui correspond, à demeurer à la surface des choses. Quant au fameux casting réuni pour l’occasion, qui compte également Mathieu Demy en total look Gainsbarre (veste à rayures et chaussures Repetto) et Céline Sallette, l’une des révélations de « Meurtrières » de Patrick Grandperret, il est fidèlement représenté par l’affiche du dessinateur Floch’, soit les pions d’un échiquier. Avancés, sacrifiés ou remisés selon une stratégie connue seulement du metteur en scène, également scénariste, chacun se voit offrir une scène truculente et quelques minutes à peine pour briller, avant de laisser la place à un autre intervenant chargé d’apporter un nouvel indice à l’enquête, mais aussi de tirer la couverture à lui.
Sans le souci d’une efficacité toujours escomptée en dépit du rythme sinueux et vacancier des intrigues d’Agatha Christie (grâce à lui ?), Bonitzer, ancien critique de cinéma, impose une forme partagée entre nature télévisuelle et cinéma d’auteur un peu masochiste. La carnation diaphane et la maigreur d’Anne Consigny ont beau la rapprocher d’Eva Marie Saint dans « La Mort aux trousses » d’Alfred Hitchcock, tandis que le scénario ménage une place pour un bon mot scatologique (autre coquetterie de l’auteur), l’art de brouiller les pistes s’oppose chez Bonitzer à l’opportunité de consolider son statut plus souvent qu’il s’y adjoint. Et c’est une nouvelle fois le pessimisme qui gagne, puisque Pierre Collier (Lambert Wilson) est assassiné, visiblement au motif d’un crime passionnel, juste après avoir affirmé vouloir en finir avec son passé de coureur de jupons.Julien Welter
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Le grand alibi
De Pascal Bonitzer
(2008, France, 1h33)
Avec Miou-Miou, Lambert Wilson, Valeria Bruni-Tedeschi, Pierre Arditi, Emmanuelle Riva…
Sortie du 30 avril 2008
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Sous la houlette d’Agatha Christie, Pascal Bonitzer persévère dans la bizarrerie.
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