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Xanadu

Les Valadine sont une famille comme les autres, avec ses névroses, ses conflits et ses secrets. A un détail près : elle doit gérer un empire du sexe.

> Le porno face au web

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Les Valadine sont une famille comme les autres, avec ses névroses, ses conflits et ses secrets. A un détail près : elle doit gérer un empire du sexe.

Xanadu

20/05/11

Xanadu - Le porno face à la génération web

Tous les samedis du 30 avril au 21 mai à 22h25


L’industrie pornographique subit de plein fouet la concurrence d’internet, que ce soit au niveau du piratage ou de la production bas de gamme. Comment faire pour sortir du lot quand, noyé dans la masse, on ne peut espérer qu’une mini bouchée de ce gâteau d’un milliard d’euros ? Le site letagparfait.com fait le tour des réponses.

Brazzers, la success story des nerds


La grande science est donc de faire vouloir [à l’ennemi] tout ce que vous voulez qu’il fasse et de lui fournir, sans qu’il s’en aperçoive, tous les moyens de vous seconder. (L’Art de la guerre - Sun Tzu)
On peut combattre le piratage et perdre son énergie en procès, on peut aussi s’en servir comme d’un allié. Fondée par trois nerds de 22 ans à Montréal en 2005, la société Brazzers règne depuis sur le marché très concurrentiel et dispersé du porno gonzo. Un marché dominé par les niches, où chacun pousse l’autre pour gratter sa place. Profitant de la baisse de régime du réseau Bang Bros, Brazzers a su s’implanter grâce à une méthode simple : satisfaire les nouveaux consommateurs. Le “dude” américain, pas très fûté mais bien membré, qui a pour fantasme numéro un les gros seins de la mère de son pote. Large breast + MILF = jackpot. Recette infaillible pour se faire de l’argent facile dans ce sale business.

En 2007, c’est l’arrivée des tubes avec Youporn et la ruée des coquins vers ce modèle gratuit surfant sur l’illégalité et le flou de la loi sur le copyright américain. Cette année-là, Brazzers fait l’acquisition en toute discrétion du nom de domaine Pornhub pour la modique somme de 2 750 $ et développe sa structure. La société grandit vite, rachète d’autres tubes (Tube8, Extremetube...) et monte la holding Mansef, qui acquiert à son tour d’autres tubes et d’autres sites. Mansef devient Manwin et continue sur la même lancée. Ce maillage de sites alimente de vidéos de 5-10 minutes l’oléoduc géant qu’est devenu Pornhub (tube le plus visité avec 10 millions de visiteurs par jour et champion du référencement Google) et son sous-réseau de tubes. Ces vidéos, dont les droits appartiennent à Brazzers, incitent l’utilisateur à aller s’abonner aux sites qui produisent ce contenu, sites appartenant évidemment à Brazzers. Le système est auto-alimenté, auto-promu, le consommateur ne se doute de rien et Brazzers est devenu en quelques années un empire à la barbe de l’industrie. La société emploie actuellement 375 personnes et son chiffre d’affaire annuel est estimé à 180 millions de $.

Les studios américains à l’assaut d’Hollywood


Que faire quand on est un studio américain et qu’on voit son chiffre d’affaire fondre comme une glace dans la bouche de Kristina Rose ? Soit on abaisse ses coûts de production et on se lance dans le marché sur-saturé du gonzo, soit on les augmente et on vient grignoter les parts de marché d’Hollywood.
Des gros studios, il n’en reste quasiment plus, on en compte une poignée parmi lesquels Digital Playground, Wicked Pictures ou Vivid résistent encore à l’assaut du porno cheap. Leur créneau ? La grosse production dont les budgets explosent et flirtent parfois avec le million de $ (cent fois plus sur la table qu’une prod basique). Pour contrer le porno jetable, ces studios veulent devenir le petit frère coquin d’Hollywood en apportant un plus-produit dans sa qualité de production. On demande aux acteurs de savoir (vraiment) jouer la comédie, on engage les mêmes équipes techniques que dans le cinéma traditionnel, on distille les scènes hard et on oublie la course aux pratiques extrêmes pour charmer la ménagère. L’intrigue devient crédible, les scènes contextualisées et la réalisation léchée. Des produits conçus pour être regardés du début à la fin, et non plus à la scène. En misant sur l’originalité et la démocratisation du porno, ces studios arrivent à contenir la fuite de leur audience et à séduire des nouveaux clients même si l’âge d’or de l’industrie à l’instar de production phonographique se situe irrémédiablement derrière eux. Quasiment introuvable sur les tubes, où la guerre leur est déclarée, ces nouveaux films veulent renouer avec l’âge d’or du X, abandonné au profit de la facilité et du rendement immédiat.

Dorcel, porno chic et business


En France le marché est déprimé, les acteurs tournent peu et les budgets sont réduits au minimum (7 500 € en moyenne pour une prod). Ils râlent contre le piratage, alors qu’ils sont des victimes indirectes, leurs productions ne s’exportant pas (franchouillarde, en français, porte de la capote obligatoire) on ne les retrouvent pas sur les tubes ou sur les sites comme Megavideo. La France souffre de sa médiocrité, le public veut de la came US et sait où la trouver. Pourtant dans ce désert, une société sourit c’est la société Marc Dorcel dirigée par Gregory Dorcel, le fils aux dents longues. Quand le gonzo a inondé le marché, elle a répondu en augmentant ses budgets, se tournant vers ce qu’elle appelle “le porno chic”. Mais, ces budgets ne seraient pas possibles sans leur réseau de distribution, d’agrégation et de diffusion qui demeure la véritable source de leurs revenus, la production ne se situant qu’à hauteur de 20%. Avec sa bonne santé, elle peut se permettre d’aligner 1,5 millions d’euros pour le développement de la 3D, un autre plus-produit qui pourrait faire la différence, même si elle n'empêche pas l’échange de fichiers en Torrent ou via Megavideo, cette habitude de consommation chez les moins de 30 ans qui fait trembler tous les studios.

Autre piste pour sensibiliser le public et le responsabiliser : le faire participer. Via leur site MyDorcel, tout le monde peut devenir co-producteur d’un film et s’impliquer dans sa production. Plus le film se vend, plus le co-producteur retrouve sa mise. “Les Demoiselles de Paris” produit de cette manière est un succès au delà de leur attente avec plus de mille participants mais demeure pour le moment un one-shot. Le caractère unique de cette démarche étant certainement la clé de sa réussite.

Le défi pour l’industrie du porno va être de convertir une partie de la masse énorme de nouveaux clients potentiels, ceux qui comme le note Feras Antoon (CEO - Manwin), n’ont jamais mis un euro pour en regarder. Cette génération biberonnée à internet et au tout gratuit qui fait tanguer et souffrir l’industrie pornographique, qui assise sur une mine d’or, cherche encore des nouveaux outils pour creuser.


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XANADU
Une série de 8 x 52’
Ecrite par Séverine Bosschem

Réalisée par Podz et Jean-Philippe Amar, sous la direction artistique de Podz

Avec Jean-Baptiste Malartre, Julien Boisselier, Nathalie Blanc, Swann Arlaud, Nora Arnezeder,
Judith Henry, Vanessa Demouy...

Stephen des Aulnois, Letagparfait.com

Edité le : 09-03-11
Dernière mise à jour le : 20-05-11