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Actualité DVD

Hors des âges et pourtant élégamment contemporain, le lycée redevient sous l’œil de Christophe Honoré le lieu de la parade mélancolique. Interview exclusive

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L’hôpital et ses fantômes

Le retour de la série télévisée iconoclaste, qui donna un nouveau départ à la carrière de Lars von Trier.

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De Lars von Trier et Morten Arnfred
(Danemark, 1994-1997, 9h30)
Avec Ernst-Hugo Jaregard, Kirsten Rolffes, Holger Juul Hansen…

Coffret 4 DVD Opening
Le Dossier Lars Von Trier du site d'ARTE

Synopsis : Le Royaume est le surnom d’un hôpital de Copenhague aux dimensions imposantes, qui abrite les meilleurs patriciens, assistés de tout l’éventail des technologies de pointe. Le quotidien de ce bâtiment aux allures de labyrinthe est toutefois le théâtre de plusieurs intrigues qui s’imbriquent progressivement. Elles sont marquées par une série d’évènements étranges et inquiétants, où le surnaturel vient mettre en défaut la péremption des scientifiques, pour menacer grandement la bonne marche du centre hospitalier…

Critique : Rajoutant une pièce de taille à l’édition DVD des œuvres de Lars von Trier, quelques mois après la luxueuse réédition de sa « trilogie européenne » (les films « Element of Crime, « Epidemic » et « Europa »), Opening a choisi de présenter « L’hôpital et ses fantômes » dans sa version d’origine, soit huit épisodes d’une heure, en lieu et place des deux précédentes : une version télévisée standardisée d’une dizaine d’épisodes de cinquante minutes, et la version exploitée en salles au cours de deux projections marathoniennes de près de cinq heures chacune. Cette fragmentation en huit volets est celle souhaitée par le réalisateur. Elle procure au spectateur la respiration idéale, et l’immerge le mieux possible dans ce feuilleton où la critique de cette vanité propre aux technocrates européens, via l’infrastructure orgueilleuse d’un hôpital baptisé « Le Royaume », devient le prétexte à un entremêlement de la sitcom, de la satire et d’un fantastique revigoré par un mauvais goût salutaire et assumé.

Pour Lars von Trier, parvenu à une sorte d’impasse formelle et esthétique avec « Europa » (1991), un projet conceptuel d’une grand complexité où se chevauchaient les formats de pellicule, la couleur et le N&B, ainsi que les niveaux de lecture de l’intrigue, « L’hôpital et ses fantômes » est apparu comme un sauf-conduit. Commande de la télévision danoise assortie de l’obligation à tourner rapidement avec le concours d’une équipe légère, ce feuilleton à permis au cinéaste de libérer son approche de la mise en scène de façon euphorique, en retrouvant les réflexes de garnements qui lui sont chers. Cette frugalité imposée et inspirée annonce bien entendu la blague du Dogme 95 qui aura, au final, fait plus de mal que de bien, tout en permettant au seul Lars von Trier de réaliser plusieurs œuvres marquantes, des « Idiots » à « Dogville ». Dans « L’hôpital et ses fantômes », ce dernier prend plus que jamais du plaisir à rouler dans la farine un public d’ailleurs tout à fait ravi. Epouvante kitsch et humour rustaud concourent à une fiction beaucoup moins compassée que le plus estimé « Dancer in the Dark ».

Les Bonus : Outre un clip vidéo, où la reprise de la terrible chanson du générique, sorte de succédané d’un hymne musclé du groupe Laibach, invite chacun, Lars von Trier compris, à se défouler (le feuilleton n’était-il pas suffisamment divertissant ?), les bonus proposent un documentaire baptisé « Tranceformer ». On appréciera la dimension mystique d’un tel intitulé, propre à la personnalité de von Trier, qui s’est toujours positionné comme un idéaliste et un fervent croyant dans les possibilités du cinéma, et non comme le cynique que beaucoup voient en lui. Réalisé par Stig Bjorkman, célèbre intervieweur et auteurs de sommes considérables sur Ingmar Bergman ou Woody Allen, ce film déjà ancien a été réalisé lors du tournage de « Breaking the Waves » en 1995. Outre les digressions sur la figure du mal, constitutives de l’œuvre du cinéaste, et sur sa réputation savamment entretenue de sale gosse, il contient quelques moments savoureux : Lars von Trier en comédien juvénile dans un feuilleton pour enfant, puis, adulte, au travail sur un plateau et appliqué à revenir sur le rôle sain de la provocation. Plusieurs extraits de ses films d’étude, digne de Max Pécas, complètent le programme, ainsi que la confession du comédien Ernst-Hugo Jaregard. L’ignoble docteur Helmer révèle que c’est un Lars von Trier pris de sueurs froides qui a monté les marches afin de présenter « Europa » à Cannes en 1991, non en raison du film, mais parce qu’il portait ce jour-là le smoking de Carl Dreyer, daté de 1928 et obtenu lors d’une vente aux enchères. Sacré Lars !

Julien Welter

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L’hôpital et ses fantômes
De Lars von Trier et Morten Arnfred
(Danemark, 1994-1997, 9h30)
Avec Ernst-Hugo Jaregard, Kirsten Rolffes, Holger Juul Hansen…
Coffret 4 DVD Opening

Edité le : 01-02-06
Dernière mise à jour le : 03-02-06


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