Deux documentaires de Raymond Depardon
(France, 2001 – 2004, 1h33 et 1h25)
Un double DVD Arte Vidéo
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Synopsis : Documentaire en deux volets (« L’approche », sorti en 2001, et « Le Quotidien, sorti en 2005), « Profils paysans » est un travail organisé sur plusieurs années dans plusieurs régions françaises, où Raymond Depardon a choisi d’évoquer un monde paysan en voie de disparition, mais familier de son enfance : celui de ces hommes quasiment tous à l’âge de la retraite et vivant souvent seuls avec quelques bêtes dans des fermes anciennes de moyenne montagne. Certaines exploitations deviennent peu à peu des lieux de résidence secondaire, d’autres, plus rares, sont reprises par des jeunes. Le mode de vie qui s’y rapportait appartient désormais au passé…
Critique : Entreprise conséquente personnifiée par sa retenue et sa tonalité funéraire (et spécifiquement française, par l’utilisation du « Requiem » de Fauré qui accompagne le prologue), « Profils paysans » est dénué de la moindre condescendance, au profit d’une curiosité toutefois cadrée par un profond sentiment de respect. En effet, la question demeure : pourquoi une caméra à cet endroit, ici et maintenant ? Depardon veut rendre hommage à un monde qui s’évanouit, mais pas dans la précipitation. Son film s’offre en contrepoint des émissions de télé réalité en décrétant qu’on ne peut pas pénétrer chez quelqu’un comme dans un supermarché, caméra au poing, mais ne revendique aucune position réactionnaire. Depardon est plus occupé à gagner, à force de patience, la confiance des personnes qu’il filme, en s’attachant aux rituels : celui du lever, du café, des rentrées et sorties des génisses, ou de ces discussions pécuniaires animées qui traduisent moins la volonté d’en restituer le pittoresque que le souci de présenter la juste réalité d’un milieu déjà oublié par le plus grand nombre. Dès qu’il parvient sur le perron d’une maison, Depardon rappelle à chaque fois qu’il connaît l’habitant depuis un certain nombre d’années. Il ne prend part aux conversations que dans le deuxième volet, une fois qu’il estime qu’un minimum de proximité s’est établi avec le temps. Cette langue que l’on ne connaît pas (l’occitan à plusieurs reprises, qu’on croit reconnaître et dont on perçoit les contours), jamais sous-titrée, fonctionne comme une tentative de familiarisation progressive et nécessaire au spectateur. Une fois encore, le réalisateur n’oublie pas son humour, surtout lorsqu’il recueille le témoignage d’un citadin enthousiaste à l’idée de contempler les « siècles d’histoire » murés dans la demeure qu’il vient d’acquérir, afin d’y établir un institut de musique.
Les Bonus : Un film d’une heure, daté de 1983 et intitulé « Les années déclic », opère le lien entre le passé rural de Depardon et sa carrière de photographe international, bref entre son parcours personnel et le terreau de « Profils paysans ». En rendant hommage à certaines techniques rudimentaires (elles aussi évanouies) utilisées dans sa jeunesse, il revient sur son apprentissage de la ville et celui de son métier, quand il courait la pige. Ses clichés de Marlon Brando ou de Brigitte Bardot, pris alors qu’il se cachait dans une grange, s’additionnent à un regard sur le quotidien français des années 1960. Au cours d’un commentaire, segmenté selon les points essentiels du dispositif prévalant pour la réalisation de « Profils paysans », Depardon évoque notamment ce besoin de revenir à un monde rural et à sa honte d’avoir quitté ses parents. Mais il détaille également sa mise en scène, en particulier l’usage systématique du plan fixe destiné non à une affiliation à la photographie, mais à capter les mouvements des personnes qu’il souhaite filmer, pour éviter d’utiliser une caméra à l’épaule censée concourir au vérisme et toujours favorisée dans le domaine du journalisme télévisuel. Une scène longue et inédite, ainsi qu’une interview de la monteuse Claudine Nougaret, complètent le programme.
Julien Welter
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Profils Paysans
Deux documentaires de Raymond Depardon
(France, 2001 – 2004, 1h33 et 1h25)
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L’hommage de Raymond Depardon au monde rural où il a vécu, enfant.
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