
Un coffret 3 DVD Editions MontparnasseSynopsis : 9 décembre 2001 ; Durham, Caroline du Nord. La police découvre le corps sans vie de Hathleen Peterson, en bas d’un escalier de sa maison. On pense tout de suite à un accident. Elle et son mari, Michael Peterson, formaient un couple uni, au sein d’une famille sans histoire. Très vite pourtant, les soupçons se portent sur Michael, romancier à succès, connu dans la région. Quelques jours plus tard, il est inculpé par le procureur Jim Hardin. Pour se défendre, Peterson engage alors David Rudolf, avocat renommé du Sud des Etats-Unis…
Critique : Suite au succès public et l’obtention de l’Oscar pour « Un coupable Idéal » (2002), documentaire dans lequel Jean-Xavier de Lestrade retraçait le procès d’un adolescent noir de quinze ans accusé du meurtre d'une touriste blanche en Floride, la chaîne HBO s’est empressée de commander un nouvelle série au réalisateur français. Pas convaincu au premier abord de retrouver un sujet aussi fort, de Lestrade hésita quelques temps avant de découvrir l’affaire Michael Peterson qui allait lui permettre de s’immerger une fois encore dans les rouage de la Justice américaine, pendant plus de 18 mois. A contrario d’ « Un coupable Idéal », l’accusé principal de ce fait divers est un homme blanc et cultivé (Michael Peterson est éditorialiste politique dans un quotidien de Durham), c’est un bourgeois riche, un mari très aimant de sa femme (la victime) et le père d’une famille nombreuse sans problèmes. Michael Peterson apparaît d’emblée comme un « personnage » antithétique à Brenton Butler (le « coupable idéal ») et permet à Jean-Xavier de Lestrade de prolonger en complétant de manière passionnante son étude du fonctionnement judiciaire américain. Dans « The Staircase », le réalisateur apprécie notamment avec acuité les différences en fonction de la position sociale de l’accusé : ne serait-ce que pour ce leitmotiv qui relève à plusieurs reprises combien Michael Peterson peut tangiblement organiser sa défense car il possède des moyens financiers pour assumer le coût croissant (et au final exorbitant) de son procès, la série témoigne parfaitement d’une réalité souterraine et relativement inquiétante des Etats-Unis.Rapidement inculpé de l’assassinat de sa compagne blessée gravement au crâne et dont le cadavre gît au milieu d’une mare de sang disproportionnée, Michael Peterson plaide la simple chute d’escalier et, en même temps, présente une personnalité suffisamment ambiguë (et critique) pour fortifier l’assurance de ses accusateurs, consolider l’intérêt du réalisateur et semer le doute du spectateur. Le profil psychologique relativement complexe du présumé coupable est propice à plusieurs rebondissements de l’affaire. L’annonce de son homosexualité cachée par exemple provoque des débats moralistes consternants et une argumentions qui témoigne aussi bien des limites d’une accusation prête à faire feu de tout bois que du comportement - que l’on ose à peine considérer comme « typique » - de la majeure partie de la société américaine quand elle est confrontée aux usages et pratiques de certains groupes minoritaires.
Chaque étape du procès donne également à comprendre le pouvoir, le voyeurisme, les raccourcis et les erreurs de la médiatisation contre lesquels se bat prioritairement David Rudolf, l’avocat new-yorkais de Michael Peterson, un homme dont la mission est de convaincre pour vaincre, le procès flirtant souvent vers des contrées aléatoires à l’image d’un vaste jeu public où tout est permis. Toujours très concentré, Jean-Xavier de Lestrade livre tour à tour des portraits saisissants de proximité sans juger et s’il confie dans un interview en bonus de ce DVD qu’il aurait souhaité s’approcher davantage de la partie accusatrice (ouverte à ses caméras tout d’abord, elle s’est rétractée progressivement), il parvient à un équilibre tout à fait probant, parachève la sensation d’ubiquité totale du spectateur en suivant les moindres détails en amont et pendant le procès, livre comme rarement un document quasi « en direct » tenu par une montée en puissance d’un suspens proprement « sensationnel ». A ne pas manquer.Olivier Bombarda
Les compléments
- Où est la vérité ?, entretien avec Jean-Xavier de Lestrade (34 minutes)
- Interview de Michael Peterson après le verdict (13 minutes)
- 6 Séquences complémentaires
- Bande annonce originale
----------------
The Staircase
Une série documentaire en 8 épisodes de Jean-Xavier De Lestrade
Un coffret 3 DVD Editions Montparnasse






Envoyer à un ami
Jean-Xavier de Lestrade démonte les rouage de la justice américaine au travers d'un fait divers sanglant: meurtre ou accident?
RSS
Facebook
Twitter