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13/12/12

Marrakech

Métropole de la jetset internationale et d’un islam ouvert.

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Les Mille et Une Nuits. À Marrakech plus qu’ailleurs, on a l’impression d’être dans l’univers des contes. Surtout à Djema el Fna, la place légendaire du centre-ville, où conteurs et charmeurs de serpents ensorcèlent tous les jours leur public et où le soir, contrairement à d’autres villes arabes, la vie continue de bouillonner.
Femmes, hommes, enfants ou touristes – tous apprécient l’effervescence et les repas pris sur le pouce à l’un des nombreux stands. Mais la vraie féerie est ailleurs, à la Medina, le cœur tout proche du centre, inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1985 : des ruelles étroites, des milliers de boutiques, un labyrinthe qui conjugue couleurs, parfums et cosmopolitisme.

Comme au Moyen Âge, Marrakech semble être une plaque tournante majeure du commerce en tous genres – un vrai grenier d’abondance : tapis, antiquités, épices, bijoux par millions... Marrakech exerce un pouvoir d’attraction magique – sur l’Occident aussi depuis le début du XXe siècle. Auteurs, artistes, hommes politiques célèbres du monde entier – de Churchill à Yves Saint-Laurent et Angelina Jolie – tous ont choisi de s’établir à Marrakech, ne serait-ce que temporairement.

METROPOLIS part à la découverte de la scène culturelle de cette ville d’Orient, où se conjugue un étonnant mélange d’influences européennes, africaines et arabes. Juan Goytisolo, le plus grand auteur vivant de langue espagnole et candidat au prix Nobel de littérature depuis des années, vit à Marrakech depuis1975. « J’aime sa diversité, dit-il, je préfèrerais être pauvre et crever de faim à Marrakech que millionnaire et crever d’ennui en Amérique“.

Mahi Binebine, symbole du Maroc moderne et libéral, est considéré comme le plus grand auteur à succès dans son pays. Naissance à Marrakech, études à Paris, séjour de 5 ans à New York et retour au Maroc en 2004 – archétype de l’artiste marocain. Son dernier roman, Les étoiles de Sidi Moumen, a déjà reçu une pluie de récompenses internationales. Il y critique aussi bien les conditions sociales – que la maison royale ignorerait en dépit de ses efforts considérables pour moderniser le pays – que l’influence grandissante des islamistes saoudiens sur la société marocaine.
En compagnie de Mahi Binebine, nous partons en excursion dans la ville, nous visitons des galeries et le luxueux Riad El Fenn, propriété de Vanessa Branson, commissaire d’exposition américaine et sœur du patron de l’empire Virgin, Richard Branson. Elle a créé la première Biennale de Marrakech, il y a dix ans, et tire bien des ficelles en ville, entre gros sous et grand art.

Marrakech, c’est tout à la fois une richesse décadente, une pauvreté endémique, la vie moyenâgeuse dans le souk, mais aussi l’art et la culture. Sans oublier les nightclubs et les bars, hype et trendy. Comme celui de l’Algérien Marcel Chiche, l’oiseau de nuit débarqué de Paris il y a 13 ans. Son nightclub, le Comptoir, qui passait pour totalement scandaleux lors de son ouverture, n’est plus aujourd’hui, qu’un lieu glamour parmi d’autres. Il nous explique pourquoi Marrakech est devenu un modèle de métropole orientale moderne.

Livre :

Mahi Binebine
„Les Etoiles de Sidi Moumen“
Editions Flammarion
http://editions.flammarion.com/


Liens :

Hassan Hajjaj

www.hassan-hajjaj.com/

(anglais)

Mahi Binebine

www.mahibinebine.com


Par Peter Gerhardt

Edité le : 12-12-12
Dernière mise à jour le : 13-12-12