Aujourd'hui c'est du droit des couples homosexuels à se marier et à fonder une famille comme une autre qu'il s'agit. C'était une promesse électorale du candidat Hollande qui n'avait guère fait parler d'elle durant la campagne électorale. Maintenant qu'il s'agit de la tenir, maintenant que le projet de loi sur le "mariage pour tous" doit être examiné par le Parlement à partir du 29 janvier prochain, les passions se déchaînent.
Et comme à chacun de ces tournants le pays se divise en deux camps, les "antis" et les "pros". Dimanche 13 janvier 2013 ce sont les "antis" qui ont battu le pavé parisien. Après des semaines de mobilisation la "Manif pour tous" est un succès. Entre 340000 et 800000 opposants au mariage gay ont convergé en quatre cortèges vers le Champ-de-Mars. 2 semaines plus tard, dimanche 27 janvier, c'est au tour des partisans du mariage pour tous de battre le pavé.
Beaucoup de catholiques intégristes de Civitas qui se sont dépensés sans compter pour battre le rappel jusque dans les écoles. Mais pas seulement : des groupes laïcs, des croyants soucieux de ne pas laisser les extrêmistes occuper tout le terrain et au-delà de la sphère catholique, des organisations évangéliques et musulmanes, des non-croyants et de nombreux politiques étaient de la partie. L'UMP et le FN ont fait cause commune mais défilés séparés. Jean-François Copé, président de l'UMP était présent. Mais certains leaders de droite dont Marine Le Pen (FN) et François Fillon (UMP) ont annoncé qu'ils n'en seraient pas. Il n'empêche, la manifestation constitue le plus important rassemblement à droite depuis la manifestation pour l'école libre en 1984 qui avait réuni de 850.000 à 1,5 millions de personnes.
L'objectif de la manifestation était de faire pression sur le gouvernement. Frigide Barjot, l'égérie du mouvement, a lu une lettre à François Hollande lui demandant de "suspendre ce projet de loi qui divise les Français". Mais l'Elysée n'entend pas plier. Malgré une manif "consistante", le débat aura bien lieu au Parlement.
Ce débat, d'autres pays l'ont connu avant nous. Parfois sans susciter de fracture majeure dans la société. Et parfois dans la douleur comme dans la très catholique Espagne. Aujourd'hui 7 pays européens ont déjà légalisé le mariage entre personnes du même sexe. Les Pays-Bas ont une fois encore été précurseurs. Là-bas le mariage gay est autorisé depuis 2001, l'ouverture à l'adoption et à la PMA y sont depuis longtemps des acquis. La France, pays des droits de l'homme, est à la traine. L'association des gays et lesbiennes (ILGA Europe) a publié une étude sur le respect des droits des homosexuels et transgenres. Elle place la France au niveau de la Roumanie et de la Bulgarie.
Pour autant, le pays semble prêt à évoluer... sur le mariage plus que sur les questions d'adoption ou de procréation médicalement assistée pour les couples gay. 61% des Français sont pour le mariage gay. En revanche ils ne sont plus que 47% à être favorables à l'adoption d'un enfant par deux papas ou deux mamans.
Pour aller plus loin
Le mariage homosexuel en Europe
- (Passez votre souris sur la carte pour voir apparaître les informations)

Dans quels pays le mariage homosexuel est-il autorisé ? Quand il ne l'est pas, quels sont les formes d'union alternatives ? Les Pays-Bas ont ouvert le ban en 2001, la Belgique a suivi et aujourd'hui, 8 pays européens dont 6 membres de l'UE reconnaissent le mariage homosexuel. 10 pays de l'Union européenne autorisent une forme d'union civile et 11 pays de l'UE ne reconnaissent aucune forme d'union pour les couples homosexuels.
Chronologie
à consulter aussi
Ils veulent diviser, rassemblons par l'égalité... par PartiSocialiste






Envoyer à un ami














RSS
Facebook
Twitter