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ARTE Journal - 02/09/12

Les grands scandales pharmaceutiques

Plus de 50 ans après le début du scandale de la Thalidomide, son fabricant allemand Grünenthal a enfin présenté ses premières excuses aux victimes. Introduit sur le marché dans les années 50, le médicament était notamment vendu aux femmes pour lutter contre les nausées en début de grossesse. Au total, au moins 10.000 personnes sont nées avec des malformations comme par exemple l'absence de jambes ou de bras. Les regrets tardifs de Grünenthal ont du mal à passer auprès des associations de victimes, engagées dans une rude bataille juridique pour une reconnaissance de la responsabilité du groupe. Le thalidomide fait partie d'une longue série de scandales médico-pharmaceutiques, retour sur les plus importants d'entre eux.

50 ans pour quelques mots. Accusé depuis de très nombreuses années de ne pas avoir pris ses responsabilités face aux ravages de la Thalidomide, le groupe pharmaceutique allemand Chemie Grünenthal a fini, vendredi 31 août, par présenter des premières excuses aux milliers de victimes de son médicament. Alors qu'il inaugurait une statue en hommage aux victimes, le directeur exécutif de Grünenthal, Harald Stock, a exprimé les regrets de son entreprise. Commercialisé par Chemie Grünenthal dans de nombreux pays à partir de 1956, la Thalidomide, également connue sous le nom de Contergan, devait notamment permettre d'atténuer les nausées chez les femmes enceintes. En 1961, après la découverte de nombreux nouveaux-nés dépourvus de bras et de jambes, le médicament est finalement retiré du marché. Rien qu'en Allemagne, plus de 5.000 personnes victimes de la Thalidomide ont été recensées, soit près de la moitié des personnes touchées dans le monde entier, notamment en Grande-Bretagne, au Japon, au Canada et en Australie. Les États-Unis et la France ont, quant à eux, été majoritairement épargnés. Le médicament n'a jamais été autorisé sur le marché américain. En France, la commercialisation du Thalidomide n'est permise qu'en 1961 alors que les autres pays le retirent du marché. Le médicament est à nouveau interdit peu de temps après. Le scandale de la Thalidomide a donné lieu à de nombreux procès mais la plupart d'entre eux se sont soldés par des accords à l'amiable. La question de l'indémnisation des victimes est pourtant toujours d'actualité. Plusieurs associations de victimes ont vivement réagi aux excuses de Grünenthal à qui elles reprochent de faire preuve d'hypocrisie.


Mediator



Ces dernières années, d'autres scandales médico-pharmaceutiques ont fait leur apparition. À l'automne 2010, l'affaire du Mediator ou Benfluorex défraie la chronique en France. Commercialisé par les laboratoires Servier en 1976, le médicament pour diabétiques en surpoids est également prescrit comme coupe-faim. D'abord retiré du marché en Espagne et en Italie à partir de 2003, le Mediator est également interdit en France en 2009. En novembre 2010, l'Afssaps révèle que le médicament aurait fait environ 500 morts depuis sa mise en circulation. Entre temps, des centaines de plaintes ont été déposées contre les laboratoires Servier. Après avoir été repoussé en mai 2012, le procès des laboratoires Servier et de la société Biopharma qui commercialisait le Mediator va enfin pouvoir reprendre. La Cour de cassation a décidé, vendredi 24 août, de ne pas transmettre au Conseil constitutionnel la question prioritaire de constitionnalité déposée par les avocats de Jacques Servier, le patron des laboratoires Servier.


Distilbène



Prescrit pendant près de trente ans aux femmes enceintes, le Distilbène devait permettre de prévenir les fausses couches. En France, avant d'être interdit en 1977, près de 200.000 femmes auraient pris du Distilbène. De nombreux enfants nés des mères exposées au médicament ont été victimes de cancers et malformations génitales. Selon une étude rendue publique en 2011, le Distilbène aurait même des effets sur trois générations.


Antoine Mouteau pour ARTE Journal


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Edité le : 01-09-12
Dernière mise à jour le : 02-09-12