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Un magazine de Claire Doutriaux

Tous les dimanches à 20h00 Karambolage se penche sur les particularités de la culture quotidienne française et allemande.

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Emission du 4 décembre 2005 - 04/12/05

le rite : le "Adventskalender"

le "Adventskalender"


Corinne Delvaux nous explique l’origine d’un rite très apprécié des enfants, un rite allemand qui s’étend peu à peu à toute l’Europe : il s’agit du calendrier de l’Avent.   


Il y a trois jours, des millions de petits Allemands ont sauté du lit avec entrain et se sont précipités sur leur "Adventskalender", leur "calendrier de l’Avent", pour en ouvrir fiévreusement la première fenêtre. Cette belle tradition a gagné la France ces dernières années puisqu’on trouve maintenant aussi des calendriers de l’Avent dans chaque supermarché. A l’origine, il s’agit d’une tradition allemande que revendiquent autant les protestants que les catholiques.

On raconte, que, probablement pour couper court à la lancinante question "Dis maman, c’est quand Noël ?", les parents traçaient à la craie le premier décembre 24 traits sur la porte d’entrée de la maison. Chaque jour, les enfants en effaçaient un jusqu’à l’arrivée du petit Jésus. Parfois encore, les enfants posaient chaque jour un brin de paille dans la crèche. Ainsi, les 24 brins de paille formaient une couche douillette pour le petit jésus le jour de sa naissance.

À Maulbronn, dans le sud de l’Allemagne, une femme de pasteur très inventive eut l’idée de dessiner pour ses enfants 24 petites cases sur un carton. Dans chacune d’entre elles, elle accrocha  un "Wibele", un petit gâteau souabe. Quelques années plus tard, son fils Gerhard Lang transforma cette attention maternelle en espèces sonnantes et trébuchantes. Il lança en 1908 à Munich, le premier "Weihnachts-Kalender", calendrier de Noël, comme il l’appela à l’époque. Pour faire plus simple, il supprima le petit gâteau et le remplaça par de jolis dessins multicolores.

Le succès fut immédiat. En homme d’affaires avisé, Gerhard Lang sortit chaque année de nouveaux modèles, avec des images à découper et à coller, des petites fenêtres à ouvrir, avec des figurines à l’intérieur, etc., etc… La concurrence vint faire de la surenchère, les paillettes firent leur apparition, et les images de plus en plus aguichantes n’hésitèrent pas à quitter la sphère religieuse comme on peut le voir ici. Même si, de plus en plus souvent, les Allemands aiment bricoler eux-mêmes leur Adventskalender en suspendant  par exemple 24 petits paquets-surprise à travers le salon, les Adventskalender ont toujours la cote. D’ailleurs, rares sont les enfants allemands qui n’en reçoivent pas 2 ou 3. Bon, bien sûr, le calendrier traditionnel à juste "regarder" a été détrôné par le calendrier à manger puisque les modèles les plus vendus sont ceux qui cachent un petit chocolat derrière chaque fenêtre.

Depuis, le calendrier de l’Avent s’est doté d’une haute valeur pédagogique : il enseigne que l’attente peut être plus douce que la satisfaction immédiate. Car quel est l’enfant qui n’a pas tenté une fois ou l’autre d’ouvrir encore une petite fenêtre pour voir ce qui se cachait derrière, et encore une autre, juste une… jusqu’à ce qu’il se retrouve gavé, vaguement déçu et penaud devant la mine réprobatrice de ses parents…

Edité le : 02-12-05
Dernière mise à jour le : 18-03-11


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