En juin 2011, j’étais au Mexique pour rendre compte des travaux d’Olivier de Schutter : le rapporteur de l’ONU pour le droit à l’alimentation, en visite officielle chez l’un des premiers producteurs agricoles au monde… cherchez l’erreur !
De fait, l'Accord de libre-échange nord américain (Alena), signé en 1994, a littéralement ravagé les campagnes mexicaines en ruinant les petits paysans, incapables de concurrencer les importations subventionnées de maïs américain (voir infographie). Contre ce "libre marché", qui dans sa logique porte la monoculture et le recours aux OGM, les organisations paysannes mexicaines se sont ralliées au cri de "Sin maíz, no hay país" (sans maïs, il n’y a pas de pays).
On se tromperait en n’y voyant qu’aveuglement corporatiste et nationaliste. D’après des chercheurs mexicains, mais aussi d'après ceux de l’Université Davis (Californie), si le gouvernement décidait de soutenir à nouveau l’agriculture familiale, l’antique système milpa pourrait permettre au Mexique de retrouver son autosuffisance alimentaire perdue au début des années 90. Vous avez dit milpa ?
Marie-Monique Robin






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