Une campagne électorale sous tensions
Le 31 janvier dernier, en plein cœur de la capitale Erevan, le candidat de l’opposition Paruyr Hayrikian a été visé par des coups de feu. Blessé à l’épaule, il est toujours à l’hopital où il est protégé 24h sur 24. Pour cet ex-dissident soviétique de 63 ans, sa tentative d’assasinat est l’œuvre d’un complot des agents du KGB « J'étais en hausse dans les sondages. Et il est possible que les tchékistes qui m'ont poursuivi pendant des décennies se soient dit : s'il devient Président, l'Arménie se tournera vers l'Occident. C'est dangereux ». Il n’est pas le seul à penser que le président sortant se comporte comme un apparatchik. Un autre candidat, Andreas Goukassian, est en grève de la faim sous sa tente devant l’Académie des sciences depuis un mois « La grève de la faim, c'est le dernier recours pour forcer le régime politique à accepter nos revendications. Ce pouvoir doit démissionner ». Pas sûr que le président sortant entende ces revendications. Serge Sarkassian a le pays en main.
Un pays toujours en guerre
Comme de nombreux dirigeants des ex-républiques soviétiques, Serge Sarkassian a commencé sa carrière dans les Komsomols, les mouvements de jeunesse de l’URSS. Né à Stépanakert, la « capitale » du Nagorny Karabakh, il s’est engagé à la fin des années 80 dans la guerre de « libération ». Un parcours qui rappelle que l’Arménie est toujours en guerre avec l’Azerbaïdjan pour le contrôle du Haut-Karabagh. La région est peuplée en majorité d’Arméniens et est située en Azerbaïdjan. Aucun traité de paix n’a été signé et les deux pays s’accusent mutuellement de briser régulièrement le cessez-le-feu. Il y a une dizaine de jours encore, deux soldats azerbaïdjanais ont été tués. Entre 1984 et 1994, la guerre - qui a opposé les deux pays - a fait pas moins de 20 000 morts. Encore récemment, le président Serge Sarkissian a déclaré être prêt à déclencher les hostilités s’il y était contraint. Son ascension politique puisse son origine dans cette région, il a gravit les échellons, jusqu’à occuper les différents postes-clés dans le gouvernement arménien.
Lors de son élection à la présidence en 2008, de violentes manifestations avaient eu lieu. Elles avaient fait 10 morts, et une centaine de blessés. Pour calmer la rue, le gouvernement arménien avait engagé un cycle de réformes visant à la modernisation de l’Etat, notamment en matière de lutte contre la corruption. Mais même si récemment certaines personnalités ont été inquiétées par la justice, le pays est toujours classé 129 sur 182 sur l’indice de la corruption par l’ONG Transparency International. D’ailleurs en mai dernier, les élections législatives ont été entachées de nombreuses fraudes. Des votes avaient été « acheté ». Une pratique qui semble bien s'être renouveler cette fois-ci.

Capitale : Erevan Situation géographique : l’Arménie n’a pas d’accès maritime. C’est un pays d’une superficie de 29 740 km², situé entre l’Azerbaïjan à l’est, l’Iran au sud, la Turquie à l’ouest et la Géorgie au nord. Langue officielle : arménien Population : 3, 1 million Monnaie : Dram Salaire moyen : 235 euros (soit environ 120 000 dram) Indice de développement humain : 84 |
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ARTE Journal, 17.02.2013
ARTE Journal, 29.02.2012
ARTE Journal, 24.01.2012






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